Le camp libéral a remporté une importante victoire lundi soir au sein de l'Eglise anglicane. A l'issue de longs débats passionnés, le Synode de l'Eglise d'Angleterre, réuni à York, a approuvé le principe de l'accès des femmes à l'épiscopat. Dans les trois chambres du Synode - évêques, clergé et laïcs -, cette décision a été prise à une nette majorité des voix. Par ailleurs, le Synode a refusé une solution de compromis qui visait à créer des super-évêques destinés à officier dans les paroisses opposées à la présence de femmes évêques. Il faudra toutefois attendre encore plusieurs années avant qu'une femme ne soit ordonnée à l'épiscopat. Un texte d'application doit être élaboré, présenté devant le Synode, et approuvé par les diocèses avant de revenir devant le Synode.

Cette victoire s'inscrit dans la logique de la décision prise en 1994 d'ordonner des femmes à la prêtrise. Mais elle risque toutefois de diviser encore davantage la Communion anglicane, menacée d'éclatement depuis plusieurs années. Dans une lettre adressée au début du mois de juillet à Rowan Williams, archevêque de Canterbury et primat de la Communion anglicane, 1300 religieux anglicans, dont onze évêques, avaient menacé de quitter l'Eglise d'Angleterre si le principe de l'accès des femmes au ministère épiscopal était accepté.

Les tensions entre progressistes et conservateurs sont aussi très fortes concernant la question de l'homosexualité. Notamment depuis l'ordination épiscopale en 2003 d'un Américain ouvertement homosexuel à la tête du diocèse du New Hampshire dans l'Eglise épiscopalienne des Etats-Unis. Cette ordination avait été condamnée par les Eglises africaines, qui réunissent la majorité des fidèles anglicans dans le monde (55 millions sur les 77 que compte cette confession).

Le Vatican désapprouve

Près de 300 évêques ont décidé en juin de boycotter la conférence de Lambeth, qui aura lieu du 16 juillet au 4 août. Cette importante assemblée réunit tous les dix ans l'ensemble des évêques de la Communion anglicane. Les dissidents ont tenu leur propre sommet à Jérusalem du 22 au 29 juin. A cette occasion, ils ont évité une rupture avec la Communion anglicane, mais ont convenu de créer leur propre communion, une sorte d'Eglise dans l'Eglise. Une initiative qui a affaibli l'autorité de Rowan Williams.

Les évolutions à l'œuvre au sein de l'Eglise anglicane créent aussi des tensions sur le plan œcuménique. Dans un communiqué publié mardi, le Vatican a regretté la décision prise par le Synode d'Angleterre. Le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens a affirmé qu'elle constitue «un nouvel obstacle à la réconciliation» entre les deux Eglises.