«L’Eglise est un boys club, mais aussi une gérontocratie»
Le rapport sur le nombre de victimes de violences sexuelles dans l’Eglise catholique française a provoqué la stupeur. Un sociologue de l'Université de Lausanne ayant participé à l’enquête dénonce une structure qui favorise les abus
Après deux ans d’enquête, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) a rendu un rapport glaçant, faisant état de plus de 300 000 victimes mineures, de prêtres et religieux, depuis les années 1950. Josselin Tricou, maitre-assistant en sociologie à l’Université de Lausanne, a participé aux recherches de l’Inserm pour le compte de cette commission. Il vient également de publier Des Soutanes et des hommes: Enquête sur la masculinité des prêtres catholiques (Ed. PUF).
Le résultat passionnant de dix années de recherche sur l’obsession viriliste de l’Eglise, la sexualité du clergé, l’incitation au silence… Lui-même est un «ex», qui s’est autrefois destiné à une carrière religieuse, lui permettant de livrer des entretiens inédits sur un monde en vase clos, sourd aux enjeux de l’époque. Et un monde qui favorise de fait les violences sexuelles. Entretien.