De 500 000, le nombre maximal de victimes que pourrait occasionner la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ), on est maintenant passé à 136 000. Dans une brève communication parue dans la revue Nature du 10 août, quatre chercheurs de l'Université d'Oxford prétendent en effet être capables de fixer une nouvelle limite à l'ampleur de l'épidémie qui émerge au Royaume-Uni. Selon eux, les dernières données cliniques sur la mortalité permettent de prédire une fourchette plus étroite du nombre possible de décès, soit entre plus de 60 000 et 136 000 cas d'ici à 2040.

A l'aide d'ordinateurs, les chercheurs ont élaboré des scénarios épidémiologiques en supposant que seules les personnes «connues pour présenter une susceptibilité génétique» à la maladie (environ 40% de la population) peuvent la développer de leur vivant. Jusqu'à maintenant, toutes les victimes de la nvMCJ qui ont subi une analyse génétique présentent une même particularité sur le gène de la protéine prion humaine.

Les scientifiques ont ensuite fait varier des paramètres tels que le temps d'incubation de la maladie, le degré d'infectiosité de la viande ou encore le taux d'exposition de la population à du matériel contaminé. Ils ont exploré plus de 5 millions de combinaisons de ces paramètres et extrait celles qui correspondent le plus aux dernières données enregistrées sur le terrain.

Un résultat étonnant est qu'un animal atteint de la maladie de la vache folle et qui se retrouve sur le marché ne contaminerait que deux personnes au maximum, alors même que sa viande peut être consommée par des milliers d'individus. Cela montre que la barrière entre les espèces est certes franchissable mais pas si facilement.

Ces estimations sont pourtant à prendre avec précaution. Dans cette affaire, les inconnues sont trop nombreuses pour que l'on puisse jouer les oracles de précision. Mais, avec le temps et la progression de l'épidémie, les prédictions s'affineront de plus en plus.