Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
A la Gentiana, à Leysin (VD): comme un balcon fleuri sur la plaine du Rhône en contrebas.  
© Lea Kloos

Jardin extraordinaire

A Leysin, le jardin Gentiana et ses plantes qui soignent

Perché sur un flanc de montagne, le jardin Gentiana sélectionne les végétaux dont les vertus médicinales ont été démontrées. Il possède aussi une collection de gentianes qui vaut le coup d’œil

Situé sur la commune de Leysin dans les Alpes vaudoises, le jardin de plantes médicinales de la Fondation Gentiana a des airs de balcon fleuri. Accroché à plus de 1000 m d’altitude, il bénéficie d’une vue imprenable sur la vallée du Rhône. Lorsqu’on s’assied sur un banc à l’ombre d’un petit chalet en bois, on ne peut qu’apprécier l’atmosphère reposante qui se dégage du lieu. Autour de nous, les insectes s’affairent à butiner de fleur en fleur et on entend le tintement des cloches des vaches qui paissent en contrebas. Une aura de bien-être qui sied bien à un jardin par ailleurs dédié aux plantes médicinales.

Notre diaporama commenté: Des herbes pour soigner et à savourer

Selon Kurt Hostettmann, président de la Fondation Gentiana, «ce qui rend le jardin Gentiana quasiment unique en Europe, c’est son organisation en secteurs selon les vertus thérapeutiques des plantes». Celles-ci sont regroupées d’après leur utilisation en une quinzaine de groupes, comme par exemple «Troubles du système gastro-intestinal» ou «Affections du système respiratoire».

Les plantes que l’on peut confondre sont placées côte à côte afin de mettre en évidence les caractéristiques qui les différencient. «Notre but est d’informer le grand public, mais aussi les professionnels de la santé sur l’utilisation et les dangers des plantes médicinales, poursuit le président. Avec des panneaux explicatifs et des visites guidées, nous avons voulu rendre le jardin le plus didactique possible.»

Pour le sommeil et contre la libido

Nous voici partis à la découverte de ces plantes vertueuses. Vacillant dans le vent, un bouquet de fleurs orangées attire l’œil. «Ce sont des pavots de Californie qui ont un effet sédatif, explique l’expert. A l’époque, les Amérindiens l’utilisaient en infusion pour faire dormir les enfants. Dernièrement, il est entré dans le recueil officiel des médicaments pour lutter contre les troubles de l’endormissement.»

Plus loin, c’est un arbuste aux longues feuilles vertes qui nous réserve une histoire cocasse. «Au Moyen Age, le gattilier, aussi appelé poivre des moines, était utilisé dans les monastères pour calmer les éventuelles ardeurs sexuelles des moines, annonce notre guide. Charlemagne leur préconisait la consommation de ses baies, dont le goût rappelle celui du poivre. Aujourd’hui, le gattilier est utilisé pour soulager les symptômes du syndrome prémenstruel de la femme. C’est d’ailleurs la seule plante enregistrée par l’Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, qui ait donné des médicaments à cet effet.»

Passant avec aisance d’une anecdote à l’autre, Kurt Hostettmann connaît bien son sujet. Passionné depuis toujours par les plantes médicinales, le docteur en chimie spécialiste des phytomédicaments est également professeur honoraire aux Universités de Genève, Lausanne et différentes universités chinoises. Auteur de plus de 600 publications scientifiques et d’une trentaine de livres, il continue de partager son savoir avec enthousiasme.

Une collection de gentianes

Grâce au jardin Gentiana, Kurt Hostettmann a également pu assouvir une autre de ses passions. «Le jardin possède une collection unique de gentianes, avec une quarantaine d’espèces différentes!» se réjouit-il. Certaines viennent du Bhoutan, de l’Himalaya, des Carpates ou du Caucase. «Je suis particulièrement attaché aux gentianes, puisque c’était le sujet d’étude de mon doctorat, et également celui de mon épouse», confie l’expert. La gentiane, telle que l’on se l’imagine, c’est cette petite fleur bleue en trompette, emblème de la montagne, qui orne certaines plaquettes de beurre suisse. En fait, il en existe quelque 360 espèces dans le monde avec des tailles et des couleurs différentes. Certaines sont mauves, blanches, jaunes ou encore pourpres.

En Suisse, la gentiane la plus utilisée est la grande gentiane jaune, qui peut faire jusqu’à 120 cm de haut. On la remarque aisément de part sa taille et sa relative abondance, notamment dans les pâturages de montagne. Ses racines macérées et distillées servent à la fabrication des eaux-de-vie et autres apéritifs. «La gentiane jaune est également utilisée pour faciliter la digestion, lutter contre l’inappétence ou contre les ballonnements. Elle peut être prise sous forme de comprimés ou de gouttes mais également en tisanes, indique Kurt Hostettmann. Cependant, comme l’amertume de la gentiane provoque plus de sécrétion gastrique et plus de salivation, il faut éviter d’en prendre quand on souffre de gastrites et d’ulcères du duodénum et de l’estomac.»

Le jardin Gentiana de Leysin existe depuis quatorze ans. «Du temps des sanatoriums, on venait à Leysin pour suivre des cures de soleil et d’air frais d’altitude pour guérir de la tuberculose», raconte le président. Aujourd’hui, cette croyance a disparu et le jardin Gentiana a pris le relais. Il permet de découvrir les plantes médicinales aux effets, cette fois-ci, scientifiquement prouvés.

Lors des journées portes ouvertes du samedi 8 juillet et du dimanche 6 août, des visites guidées auront lieu à 10h30 et 14h respectivement, sous la direction de Kurt Hostettmann.


Recette de l’huile de millepertuis

A effet désinfectant, antibactérien, antifongique et antiviral et cicatrisant. A utiliser en cas d’écorchures, ecchymoses, plaies, brûlures, diverses inflammations de la peau, piqûres d’insectes et douleurs musculaires. Attention, ne pas exposer l’endroit traité au soleil!

Préparation:

  1. Récolter les sommités fleuries de Hypericum perforatum.
  2. Les mettre rapidement dans un flacon à col large jusqu’en haut, sans tasser.
  3. Couvrir d’huile d’olive.
  4. Ajouter 1 à 2 gouttes de vitamine E.
  5. Bien fermer le flacon et l’exposer tous les jours au soleil pendant trois semaines.
  6. Filtrer et garder le flacon à une température inférieure à 20 degrés.
  7. L’huile de couleur rouge se conserve pendant deux ans.
  8. Pour les gens pressés, chauffer le flacon au bain-marie pendant deux heures au lieu de l’exposer au soleil.
Publicité
Publicité

La dernière vidéo société

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

Les Vietnamiens sont friands de serpents. On y voit l'influence de la tradition chinoise. Mais la pratique choque, y compris dans les villes du pays

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

n/a