Placette, rayon papeterie: Sieglinde, une jeune grand-mère regarde avec attention un taille-crayon à l'effigie d'un Alien sympathique. «Ah si j'avais eu ça pour l'école, je me serais roulée par terre. Nous, on avait tous la même chose. Aujourd'hui, les gosses ont l'embarras du choix», souligne-t-elle avec envie. Elle interroge un jeune garçon pour savoir ce qui est dans le coup. Elle ne voudrait pas décevoir son petit-fils Julien. Sage initiative, car, dans le domaine des fournitures scolaires, les enfants savent ce qu'ils veulent.

Cette année encore, leurs suffrages semblent se tourner vers les marques. Les sacs Pokémon et Chupa Chups (avec sucettes intégrées au cartable) arrivent en tête chez les petits, Eastpak fait l'unanimité chez les grands. Pour les accessoires divers et la papeterie, Cacharel, Chevignon, O'Neill, Clairefontaine ou encore Kangol marchent très bien. Rien de bien nouveau en somme, si ce n'est dans les coloris. «Les teintes des fournitures suivent exactement la mode vestimentaire, on a donc des choses très acidulées et transparentes (genre i-Mac): turquoise, violet, fuchsia ou, au contraire, très sobres: bordeaux, noir ou kaki», constate Bernard Fumeaux, responsable du rayon papeterie à la Placette. Isabelle Linke, chef de produit textile à Migros-Genève, remarque de son côté une innovation: «Il y a une nouvelle tendance à la sécurité. Les bandes réfléchissantes se déclinent maintenant sur les vêtements et il existe un cartable à roulettes pour éviter le mal de dos.» Malgré l'aspect un peu «Caddie de grand-mère», les enfants l'apprécient pour son côté pratique.

Finalement, l'important dans la rentrée, ce sont les accessoires qui vont avec. «Je n'ai pas envie de retourner à l'école, raconte Juliana, 12 ans, mais je suis contente de m'acheter de nouvelles choses. Le mieux, c'est de choisir un nouvel agenda, j'aime bien celui de Titeuf.» Valérian, 14 ans, n'est pas de cet avis: «Il me faut juste un crayon et une gomme», explique-t-il tandis que ses deux petites sœurs sont tout excitées à l'idée de renouveler leur matériel. Leur maman supervise les achats: «Je respecte leur goût mais il faut quand même imposer des limites, sinon c'est un budget énorme.» Le coût est effectivement un facteur important. Si certains achètent la totale dans une même gamme, la plupart des clients ne prennent que les deux ou trois objets qui leur manquent. D'autant plus que les écoles fournissent souvent les cahiers, feuilles ou crayons.

Mais les enfants ne s'arrêtent pas aux stylos, ils veulent aussi des vêtements neufs pour faire bonne impression devant le reste de la classe. Kelthoum, 12 ans, en sait quelque chose, cette année c'est en pattes d'eph' qu'elle fera son premier jour d'école. La rentrée constitue donc une période très intéressante pour les commerçants. Patrick Kapt, acheteur à la Placette pour la confection fillettes, ne peut se permettre de rater le coche. «Je vais une fois par mois à Londres, aux USA ou à Paris pour humer les tendances à venir, dans les magasins, les revues et tout simplement dans la rue. On adapte ensuite les modèles à nos collections ou on importe», explique-t-il, tout en reconnaissant que, de toute façon, ce sont les enfants qui décident.