Il n'y a pas que les boissons sucrées ou les marques de télécoms à capitaliser sur l'Euro 2008. Même les universités, ces hautaines tours d'ivoire, sautent sur le ballon rond pour atteindre le citoyen, par ailleurs contribuable.

Le 7 mai dernier, le centre des sciences affectives de l'Université de Genève ouvrait le bal avec une conférence, «Emotion foot», dont l'auteur se proposait d'analyser le ressenti des joueurs sur le terrain. Puis l'académie de Neuchâtel a fait savoir qu'une thèse sur les footballeurs africains sera défendue le 2 juin, avec un film en bonus durant la soutenance. A Lausanne, alors que la faculté de théologie est en pleine guerre de tranchées, l'un de ses éminents professeurs publie fort judicieusement un ouvrage sur l'éthique du foot.

Mardi, c'était au tour de l'Université de Zurich d'annoncer la tenue d'un forum «théorie et pratique du football», qui étudiera ce sport dans ses liens avec l'économie, le droit et les mathématiques. Le même jour, le pôle de compétence sur les plantes de l'Uni de Neuchâtel - encore elle - avouait se pencher très bas, c'est-à-dire au niveau de la pelouse: des chercheurs scrutent la couleur de l'herbe des stades, illustration de l'absence d'une protéine qui permettrait de prolonger la coloration des végétaux. Qui a dit que les académies méprisent les passions populaires?