Ça n’a rien à voir avec la gloire. Ça a à voir avec l’histoire. Nom féminin. Celle qu’elles ont écrite sur les cimes mais qu’ils n’ont pas écrite dans les livres. La mémoire des pionnières qui, le 18 août 2021 à 4478 mètres, a crié dans le corps de Marie-France Hendrikx. Entortillée sous trois jupes d’époque, un chemisier et un corset, la Valaisanne de cœur posait ses épaisses chaussures de cuir au sommet du Cervin. Pour ressusciter celle qui, 150 ans plus tôt, était la première femme à le faire, la Britannique Lucy Walker. L’ascension de Marie-France Hendrickx est documentée dans le film Sur les traces de Lucy Walker, projeté le lundi 15 août au Festival international du film alpin des Diablerets (Fifad). Elle n’est aussi «que» l’éruption spectaculaire d’une obsession plus discrète: celle d’une historienne désireuse d’encorder à nos esprits les oubliées de la montagne.