Automobile

L’icône sur laquelle le temps n’a pas de prise

A chaque fois, on se dit que c’est impossible. Pourtant le fait est là: Porsche a réussi à concevoir une 911 encore plus aboutie

Voilà cinquante-cinq ans que ça dure: depuis sa présentation, au salon de Francfort de 1963, la Porsche 911 accompagne l’histoire des hommes, comme un jalon mécanique. L’époque des hippies dans les années 1960, les premiers pas de l’homme sur la Lune en 1969, la chute du mur de Berlin en 1989, l’avènement du téléphone portable et l’émergence d’internet dans les années 1990, le passage de l’an 2000 et l’arrivée des réseaux sociaux: à chacune de ces étapes historiques, il y avait des Porsche 911 sur la route. Un succès inégalé. Un phénomène à part. Une sculpture sur laquelle le temps semble glisser sans parvenir à ternir son éclat.

Gardien de la ligne

Imaginez dès lors le casse-tête quand, après sept ans de bons et loyaux services, il faut trouver une héritière à votre 911 actuelle, le produit phare de votre gamme. Comment renouveler l’icône sans la dénaturer? Parce que la 911, «c’est» Porsche. La firme a beau avoir, depuis, produit des Panamera, des Boxster, des Cayman, des Cayenne, des Macan et bientôt, même, une Taycan électrique, le fait est que, dans l’inconscient collectif, une «Porsche», c’est, d’abord, une 911. Plus qu’une voiture, un mythe.

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Sept ans après la présentation, en Californie, de la 991 – le petit nom de la 911 actuelle –, le patron Oliver Blume se retrouvait devant un parterre de journalistes, en marge du salon de Los Angeles, pour lever le voile sur la nouvelle 911, 992 de son nom d’artiste. Concevoir une 911 meilleure que la 911, mission impossible? Non, car, dans sa manche, le Dr Blume avait un atout maître: August Achleitner, autrement dit, «Monsieur 911». A Stuttgart, l’ingénieur est une légende. C’est lui qui, depuis deux générations (la 996 et la 991), veille sur la lignée des 911. C’est encore lui qui, deux fois déjà, a surpris tout le monde en lançant sur le marché des voitures qui, sans avoir l’air d’y toucher, ont réussi le tour de force de reprendre toutes les qualités du modèle précédent en l’amenant, à chaque fois, tutoyer d’un peu plus près la perfection.

Assistants surdoués

A Los Angeles, l’adage «Jamais deux sans trois» s’est vérifié. Très ému, mais très fier aussi, le futur retraité August est descendu dans l’arène une dernière fois, pour présenter son bébé: «Je suis content, oui, parce que même si c’est ma dernière 911, c’est aussi la meilleure et la plus aboutie que nous ayons jamais produite», a-t-il admis, avec quelques trémolos dans la voix. Autour de lui, la foule ne tarissait pas d’éloges devant le bolide jaune qui venait de faire son entrée sur scène. La «magie 911» venait d’opérer, une fois de plus.

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Que dire de la 992? Que c’est une toute nouvelle auto qui, pourtant, se reconnaît au premier regard. Le charme des proportions a encore frappé: l’avant a beau être plus imposant, les roues arrière plus grandes que les roues avant et la proue un peu plus massivement posée sur le bitume, c’est une 911. Indubitablement. Elle a beau être plus grande, plus lourde (+50 kilos), elle n’aura pourtant jamais été aussi efficace avec son moteur boxer six cylindres à plat de 3.0 litres, turbocompressé, développant 385 chevaux sur la Carrera et même 450 (+30) sur la S! Et des chiffres propres à enrhumer les zélateurs de Via sicura: 308 km/h pour la Carrera S, 306 km/h pour la Carrera 4S et des temps sur le 0-100 km/h s’échelonnant entre 3’’5 et 3’’7 selon les finitions. Bestiale!

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Et plus sûre, tellement plus sûre… Logique, on lui a adjoint les services d’assistants surdoués, contrôlant la trajectoire, la traction et même, pour la première fois, une caméra nocturne à infrarouge ainsi qu’un mode de conduite «spécial route mouillée»! En l’occurrence, des capteurs placés dans les ailes détectent la présence d’eau sur la chaussée et modifient automatiquement les paramètres de traction en conséquence, tout en avertissant le pilote du danger.

Cockpit du XXIe siècle

Mais l’extérieur et la technologie n’ont pas été les seuls chantiers. Loin de là! Ouvrir la portière de la 992, c’est pénétrer dans un nouveau monde, dans l’univers Porsche du XXIe siècle. De larges écrans numériques, un levier de vitesse réduit à l’état de simple joystick, un volant retravaillé, une planche de bord entièrement redessinée: c’est beau, simple et fonctionnel.

Les puristes objecteront sans doute qu’un tel degré de connectivité et d’assistance bride, forcément, le caractère de l’engin. Qu’une Porsche aussi «assistée» n’est plus vraiment une Porsche. Les spécialistes, Mark Webber en tête, les contredisent d’une seule voix. Tous louent l’efficacité, l’homogénéité globale de cette 992, vantent sa direction plus directe, son freinage plus précis, son… Bref, tous l’affirment: la 992, c’est une 991 qui fait mieux partout. Etonnant, c’est mot pour mot ce qu’on avait écrit, il y a sept ans, au sortir de l’essai de la 991 comparée à la 996! On vous laisse donc imaginer le degré d’efficacité atteint. Et l’angoisse qui sera celle d’Oliver Blume dans sept ans. Quand il faudra remplacer la 992 et qu’August Achleitner ne sera plus là pour amener la 993 sur les fonts baptismaux…

Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus que l’excellence et la performance sont les seuls moteurs qui animent les gens de Porsche, un simple «détail»: en Suisse, la 911 Carrera S se négociera à partir de 156 700 fr. Et il faudra compter 167 100 francs pour une 911 Carrera 4S à 4 roues motrices. Et ce, avant même de tourner la première page du catalogue des options. Petite consolation: à ce prix votre garantie sera de 2+2 ans et vous obtiendrez le «Porsche Swiss Package» comprenant des phares LED-Matrix avec système Porsche Dynamic Light System Plus (PDLS Plus), des rétroviseurs intérieur et extérieurs obscurcissants, un détecteur de pluie, un assistant de parcage avec caméra de recul, des sièges avant chauffants et un combiné radio digital avant système audio BOSE® Surround.


Trois «apps» inédites pour voir la vie en Porsche

Le constructeur allemand a profité du salon de Los Angeles pour lancer, conjointement à sa nouvelle 911, trois de ces apps dont les clients modernes sont friands. La première? Un assistant qui se charge de vous concocter un itinéraire sur mesure pour profiter de piloter votre auto. Vous entrez l’heure de départ, le temps à disposition, la direction générale dans laquelle vous voulez aller et «Porsche Road Trip» vous propose un parcours idéal. Cerise sur le gâteau, il peut même vous proposer un restaurant pour une pause déjeuner, voire, si vous avez assez de temps libre, vous réserver un hôtel pour la nuit.

La seconde va un peu plus loin encore: «Porsche 360 +» est un véritable assistant personnel. Axé plutôt sur le côté «lifestyle», il se charge de vous proposer des activités à l’endroit où vous vous trouvez. Et comme il est doté d’intelligence artificielle, il affinera ses propositions au fur et à mesure que vous ferez connaissance, pour coller au plus près de vos centres d’intérêt.

Quant à la troisième, «Porsche Impact», elle se faire fort de prouver que les conducteurs de Porsche ne sont pas que des fous de vitesse égoïstes, mais qu’ils se soucient aussi de l’environnement. Après avoir déterminé votre «empreinte CO2» annuelle via un calculateur, elle vous proposera différents projets basés sur l’eau, le solaire ou l’éolien auxquels vous pourrez faire un don, pour compenser vos émissions dans le cadre d’un projet durable.

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