Ken Livingstone, le maire de Londres, voudrait l'an prochain augmenter la congestion charge de 5 à 8 livres (de 11 fr. 50 à 18 fr. 50). Le projet en dit long sur la satisfaction du politicien à l'égard de la taxe automobile qu'il a instaurée en février 2003 dans le centre de Londres. Naguère controversé, ce péage urbain a produit des résultats spectaculaires. Les autorités de la ville tablaient à l'origine sur une réduction du trafic de 15%. Les derniers chiffres suggèrent une baisse de 30%, soit 70 000 véhicules en moins chaque jour. De plus, la redevance a mis l'an dernier 80 millions de livres (184 millions de francs) dans les caisses de la ville, et devrait atteindre les 100 millions de livres (230 millions de francs) cette année. «Notre taxe a été un succès sans précédent dans la réduction importante des embouteillages, de la pollution et des accidents», relevait le mois dernier Ken Livingstone.

Le modèle londonien en ligne de mire

Cette réussite a donné des idées à d'autres pays européens, Suisse comprise. Avec le modèle londonien en ligne de mire, TA-Swiss, le Centre fédéral d'évaluation des choix technologiques, a sondé cet été la population urbaine et périurbaine. En compagnie des offices fédéraux des routes et du développement territorial, TA-Swiss a organisé six débats publics à Genève, Zurich et Berne. Autant de soirées qui ont permis à des commerçants des centres-villes, citadins, habitants des banlieues, automobilistes ou usagers des transports en commun d'échanger leurs opinions sur le système de péage urbain.

Les résultats de cette consultation ont été présentés hier à Berne. Sous prétexte que «l'éventail des opinions est plus étendu et complexe que prévu», l'étude fédérale se révèle confuse à force de nuances, précisions ou différenciations. Il en ressort, tout de même, que les citoyennes et citoyens interrogés ne s'accordent que sur deux points: le trafic doit être régulé en Suisse et la protection des données n'est en l'occurrence pas un problème insurmontable.

La redevance en question

Pour le reste, partisans et adversaires d'une redevance d'utilisation routière se sont opposés sur la question des redevances, leur affectation, le champ d'application du péage (centre-ville? banlieue?), ainsi que le but poursuivi par la mise en place éventuelle d'un tel système, but qui mériterait d'être clarifié avant que ne s'engage un vrai débat sur la question. Notons que les personnes qui habitent en ville de Genève et de Zurich ont considéré l'idée d'une redevance urbaine de manière plus positive que les personnes qui habitent en banlieue. Le péage a toutefois suscité plus de réserves dans les débats genevois que dans les zurichois. Une surprise?

Rens.: http://www.ta-swiss.ch