Des chercheurs du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ont découvert une méthode qui ouvre de nouvelles perspectives dans la prise en charge et le traitement des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les résultats de leurs recherches, en cours de publication dans la revue scientifique Neurology, seront présentés aujourd'hui lors de la Journée de la recherche du CHUV (lire l'encadré ci-contre), puis dans quinze jours aux Etats-Unis lors de la Conférence internationale sur les attaques cérébrales.

Les AVC surviennent après l'obstruction de vaisseaux sanguins dans le cerveau par un caillot provenant du cœur ou des artères précérébrales. Les principaux facteurs de risques associés sont l'hypertension, le diabète, le cholestérol ou la consommation de tabac. Les conséquences peuvent toucher la sensibilité ou la parole mais aussi entraîner une hémiplégie.

Les personnes atteintes doivent être hospitalisées sans délai. Aux instruments de surveillance habituels, le DrEmmanuel Carrera, le professeur Julien Bogousslavsky et leurs collaborateurs du Département de neurologie ont adjoint un dispositif permettant d'effectuer des électroencéphalogrammes (EEG) en continu. Leur idée: mesurer, pour la première fois de manière dynamique, l'activité électrique cérébrale lors de la phase aiguë de l'AVC.

Décharges anormales

Résultats: les chercheurs ont observé que 17 des 100 patients examinés généraient des signaux inhabituels, qui correspondent à une activité épileptique localisée, invisibles autrement que par EEG. «Or ces décharges électriques anormales, liées à l'AVC, sont potentiellement délétères pour le cerveau car, par les manques d'oxygène qu'elles induisent, elles aggravent la souffrance cérébrale», explique Emmanuel Carrera. Et cela surtout dans les zones dites «de pénombre», régions susceptibles de récupération dans la phase aiguë.

«Cette étude prometteuse doit être confirmée avec davantage de patients», estime Emmanuel Carrera. Avant d'envisager, pour le moyen terme: «Avoir recours à cette méthode lors d'AVC permettrait de dépister de tels événements épileptiques. Le cas échéant, des traitements médicamenteux antiépileptiques pourraient être administrés, avec pour objectif l'amélioration de la récupération et du pronostic après l'attaque cérébrale.»