Antoine Guay et Barbara Jenny, 1re année

Quand le visiteur pénètre dans notre container, il accède d’abord à un lieu aseptisé, aux murs immaculés, au faux plafond sur lequel est fixé un néon, à la moquette grise. Une vue en noir et blanc de Manhattan est accrochée sur l’une des parois. Au fond de l’espace trône l’incontournable machine à café, à côté de laquelle campe une plante verte. Cet endroit est le prototype de la salle de pause qu’on trouve dans toutes les entreprises. Mais ce n’est qu’une façade. En ouvrant les battants de l’armoire qui se trouve sous la machine à café, on accède à un autre espace. On y trouve des lits superposés où nous avons dormi, des boîtes de conserve, des plaques de cuisson, du matériel pour bricoler, une imprimante, un ventilateur. Et même un seau rempli de litière pour chat en guise de toilettes… Où nous avons réellement fait nos besoins. A travers ce projet, nous avons abordé le thème du non-dit, du caché. Une communauté ne peut pas être cohérente si elle ne contient pas une zone un peu grise. Je trouve naïf de croire qu’on va être tous ensemble et que ça va être génial. L’exercice a tout de même été super-drôle, même si l’expérience, selon moi, est trop courte. Pendant ces quelques jours de vie en communauté, nous avons entrepris diverses actions, comme celle d’accrocher plusieurs drapeaux noirs autour des containers. Nous avons échafaudé une sorte de putsch contre le container de la démocratie, où la communauté se réunit pour discuter et où chacun est censé être libre de prendre la parole. Mais cela ne fonctionne pas: certains prennent plus facilement la parole que d’autres, les votes n’étaient jamais unanimes.