«Je me lève, et je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comme d’habitude…»: Claude François l’a bien décrit dans son tube planétaire: le matin, nous répétons souvent les mêmes gestes pour bien entamer la journée. Chacun procède au rituel qui lui convient pour émerger, ou du moins à ce qu’il pense lui convenir au mieux.

Snoozer pendant quarante-cinq minutes ou se lever comme un ressort à la première sonnerie? Manger trois tartines beurrées ou se contenter d’une tasse de thé? Se brosser les dents au saut du lit ou après le petit-déjeuner? Etonnant de voir à quel point les habitudes varient d’une personne à l’autre.

«Le soir, nous avons besoin d’une phase de transition. C’est pareil pour le matin», explique la psychologue et spécialiste du sommeil Françoise Cornette. En gros, trois éléments aident notre corps à démarrer: la lumière, l’alimentation, et l’activité physique, qu’elle soit sportive ou non. «Evidemment, quand il fait noir longtemps le matin, c'est difficile d’être aidé par la lumière, poursuit la psychologue au Centre du sommeil de Genève (CENAS). Pour ce faire, le simulateur d’aube peut faciliter le réveil en douceur. Une lampe de luminothérapie est un très bon outil, encore plus puissant pour synchroniser notre horloge biologique.»

Les vertus de la luminothérapie

Animateur des matinales sur Couleur 3, Jonas Schneiter a dû modifier son rituel de réveil et est devenu adepte de la luminothérapie. «Longtemps, je me suis levé treize minutes avant de partir, vers 5 heures du matin, et je sautais sous la douche, puis ouvrais péniblement les yeux sous les néons de l'ascenseur du bureau. J'étais d'une humeur exécrable, et ma créativité était proche de celle d'un poulpe mort. J'ai donc décidé, depuis trois mois environ, que mon réveil serait un moment agréable à passer. Ça a tout changé! Je me réveille quarante minutes avant de partir, avec de la musique et un simulateur d'aube. Je passe ensuite quelques minutes à jouer avec le chat avant d'aller lire les nouvelles devant une lampe de luminothérapie. Un quart d'heure plus tard, après une douche et un jus de citron pressé, je vais au bureau à pied tout en faisant quelques exercices de respiration.»

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Essentiel pour les uns, impossible à envisager au lever pour les autres, le petit-déjeuner contribue à ritualiser le début de la journée. Thierry Wegmuller, président de GastroLausanne, propriétaire des clubs ABC et D! Club, ainsi que du bar-terrasse Les Arches à Lausanne, en engloutit trois par matin. «Mais des aliments légers, sains!»

Alors que l’on imagine volontiers ce grand manitou des nuits lausannoises se lever péniblement dans l’après-midi, c’est l’inverse. «Je me lève à 5 heures, sans réveil-matin. Je me prépare un thé vert à la bergamote, un jus de gingembre, puis je bois mon premier café en allumant mon ordinateur. Je travaille ensuite jusqu’à 6h30 précises, dans le calme, puis je réveille mon fils de 15 ans et je prends mon petit-déjeuner avec lui. Puis idem avec ma femme et mon fils de 18 ans. Le week-end, je me lève plus tard, mais j’ai le même rituel!»

Le réflexe matinal du smartphone

Depuis quelques années, les smartphones se sont incrustés dans ce petit laps de temps matinal que nous répétons chaque jour par cœur. Nombreux sont ceux qui l’allument juste après le réveil, histoire de se reconnecter avec le monde, ne serait-ce que d’un œil glauque… «L'impact des stimulations induites par les smartphones est plus perturbant le soir que le matin», souligne Françoise Cornette. Nous voilà rassurés d’apprendre que consulter ses SMS avec une marque d’oreiller sur la joue ne nous empêche pas de remettre la machine en route. Pendant le café, après la douche ou avant de se raser? Peu importe, mais «comme d’habituuuuude».