La nouvelle ne devrait pas rassurer les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Près de 75% des 500 000 poulets qui sont vendus chaque année sur les marchés de la capitale indonésienne, Djakarta, proviennent d'abattoirs illégaux qui ne respectent aucune mesure élémentaire d'hygiène. Cette information, révélée dans le quotidien The Jakarta Post, est très inquiétante car le plus grand pays musulman au monde est aujourd'hui considéré comme une des principales victimes de l'épidémie de grippe aviaire. A peine 50 des 1000 abattoirs de volailles autour de Djakarta posséderaient une licence officielle d'exploitation, une autorisation pourtant supposée être obligatoire. Le gouvernement reconnaît qu'il lui est très difficile de repérer les abattoirs illégaux. La plupart de ces établissements sont minuscules et ils tuent rarement plus de 100 poulets par jour.

Ces pratiques ont favorisé la propagation de l'épidémie en Indonésie. Les autorités avouent aujourd'hui que 4,7 millions de poulets sont morts depuis le mois d'août. En tout, 60% de ces animaux auraient succombé à la maladie de Newcastle, non transmissible à l'homme, mais le reste aurait probablement été tué par la grippe aviaire. L'agence pour la santé de l'île de Bali vient de révéler qu'un garçon âgé de trois ans et demi aurait probablement attrapé ce virus. Ce cas, s'il est confirmé, serait la première preuve tangible de l'avancée de l'épidémie dans cette nation de 235 millions d'habitants. Djakarta affirme toutefois ne pas savoir si la maladie qui se répand dans le pays appartient au type hautement transmissible H5N1. Pour lever tout doute possible, le gouvernement a promis d'envoyer des échantillons sanguins à des laboratoires reconnus par l'OMS. Les résultats des analyses devraient toutefois mettre au moins deux semaines avant d'être connus.