Ce soir, à Cinétoile-Malley, dans le cadre de Cinefestival, Lionel Baier présente son dernier film, Un autre homme. Mais, en préambule, c'est une autre cause qu'il défendra: celle du projet du Musée des beaux-arts, à Bellerive, soumis à votation populaire le 30 novembre.

Le Temps: En tant que cinéaste, vous n'avez pas d'implication immédiate dans un musée des beaux-arts. Pourquoi une telle mobilisation?

Lionel Baier: Sur le plan symbolique, la construction de ce musée montre que les Vaudois sont fiers de leurs artistes. Ce joyau au bord du lac servira de marqueur comme la Cinémathèque. Lausanne joue les petites filles alors qu'elle est une bombe, capable de démesure - le métro! - et de fulgurance dans l'évolution urbanistique comme en témoigne la vallée du Flon.

- Que répondez-vous à ceux qui reprochent au projet de Bellerive de reléguer la peinture hors de la cité?

- Cela me scandalise. Toutes les personnes qui sortent le dimanche constatent que la place de la Riponne est un espace mort, et que la vie se situe au contraire sur les bords du lac. Placer le musée sur un lieu naturel de promenade, entre les glaces et le Luna Park, me semble plus populaire que maintenir la peinture dans un lieu froid et désert. Pour moi, ce projet montrera que les Vaudois sont heureux de la vitalité artistique de leur région.

- Pierre-Yves Borgeaud et Emmanuelle Antille défendent eux aussi, via un court-métrage, le musée. Vos actions jusqu'au verdict?

- Présenter nos films-manifestes dans un maximum de cinémas vaudois. A chaque diffusion, nous serons là pour répondre aux questions. Lausanne est une ville créative et debout, je n'ai pas envie qu'elle se couche.

21h à l'ECAL, av. du Temple 5Renens - 021 316 99 33www.cine-festival.ch