Le compte à rebours s'achevait dimanche soir pour les quatorze millions de fumeurs italiens avec l'entrée en vigueur aux douze coups de minuit de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Une décision qui continue de susciter de vives oppositions dans la Péninsule.

Dimanche, un dessin humoristique à la une du très sérieux quotidien Corriere della Sera montrait un homme aux yeux bandés exhalant un nuage de fumée face à un peloton d'exécution, avec comme légende: «9 janvier 2005, la dernière cigarette».

Coins spéciaux aménagés

Aucun délai de grâce supplémentaire n'a été accordé pour la mise en application de cette loi votée en 2002, le temps d'adaptation ayant été jugé suffisant par le gouvernement. Elle aurait même dû être effective au 1er janvier. Mais le ministre de la Santé, Girolamo Sirchia, a accordé un ultime sursis afin de ne pas gâcher le réveillon du Nouvel An et l'Epiphanie, la fête des Rois mages le 6 janvier.

Désormais, fumer est complètement interdit dans les bars, les restaurants, les discothèques et les bureaux, à moins que ceux-ci ne disposent d'espaces aménagés pour les amateurs de tabac. «Cette loi n'est pas inspirée de la prohibition. Elle a été faite pour se protéger contre le tabagisme passif», a déclaré dimanche Girolamo Sirchia.

Lui-même médecin, le ministre a rappelé que «87% des tumeurs au poumon» étaient causées par la cigarette. Le politicien a souligné que la loi est dans l'intérêt de la santé publique.

Les cafetiers et restaurateurs ont freiné des quatre fers face à cette nouvelle législation car seulement 5% à 6% de leurs 240 000 établissements disposent de salles différentes pour séparer les fumeurs des non-fumeurs, selon leur association professionnelle (Fipe).