L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé ce jeudi matin un nouveau bilan de la grippe porcine: 148 cas confirmés en laboratoire du virus A/H1N1 dans neuf pays et huit morts (sept au Mexique et un aux Etats-Unis).

Les Etats-Unis comptent le plus grand nombre de cas, soit 91, devant le Mexique (26). Des cas sont confirmés en laboratoire également dans les pays suivants: 13 au Canada, 5 en Grande-Bretagne, 4 en Espagne, 3 en Allemagne, 3 en Nouvelle-Zélande, 2 en Israël et un en Autriche.

Cellule spéciale helvétique

Le cas confirmé en laboratoire en Suisse n’a pas encore été enregistré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence de l’ONU ne tient compte que des cas confirmés en laboratoire qui lui ont été notifiés officiellement.

Vingt-quatre autres cas suspects sont en cours d’examen en Suisse. Ils se trouvent dans les cantons de Genève, Vaud, Valais, Berne, Zurich, Bâle-Campagne et St-Gall. L’état de santé du patient genevois est jugé particulièrement suspect. Les personnes concernées sont toutes de retour du Mexique. Le malade argovien a lui été le premier a présenter des symptômes suspects. Jusqu’à présent, son état était stable. Il a reçu du Tamiflu.

Pour faire face au mieux au possible développement de la maladie, le Conseil fédéral a de son côté décidé d’activer la cellule spéciale chargée de coordonner la lutte contre une éventuelle épidémie. Cette cellule est destinée à «accélérer les processus administratifs». Composée de représentants de la Confédération et des cantons pour conseiller les autorités publiques, elle se chargera de coordonner la lutte contre une éventuelle épidémie de grippe porcine.

Alerte de niveau 5

Tard hier soir, l’OMS, après avoir réuni son Comité d’urgence, a décidé d’élever à 5 (sur 6) son niveau d’alerte à la pandémie de grippe «porcine». C’est une première historique.

D’après l’échelle de l’OMS, datant de 2005, le déclenchement de la phase 5 est un «signal fort qu’une pandémie est imminente», le virus se transmettant de manière importante d’humain à humain, et qu’il ne reste que très peu de temps pour s’y préparer. «Cette grippe doit être prise au sérieux, car elle peut désormais se propager dans tous les pays», a déclaré Margaret Chan, directrice de l’OMS. Avant de souligner que – point positif – «le monde était plus préparé que jamais pour y faire face».

Dans son allocution aux médias, la Chinoise a remercié tous les pays d’avoir mis à disposition leurs relevés des cas, surtout le Mexique, le Canada ou les Etats-Unis. «Je remercie le gouvernement américain qui non seulement aide l’OMS, mais participe aussi aux investigations menées sur le terrain au Mexique. Le président Obama fait tout ce qui est requis et le fait de façon robuste et sérieuse.» Selon elle, grâce également à tous les dispositifs mis en place depuis les alertes de grippe de ces dernières années, «c’est la première fois que l’on peut traquer l’évolution d’une pandémie en temps réel».

«Tous les Etats doivent activer leur plan d’urgence contre la pandémie, accroître la surveillance, identifier les foyers an amont et traiter les cas déclarés au plus vite», a poursuivi Margaret Chan, qui en appelle aux fabricants de médicaments antiviraux à tout mettre en œuvre pour en augmenter la production. «J’en appelle à la solidarité globale», a-t-elle demandé. Avant de conclure: «Tous ces efforts vont bénéficier à l’entier de l’humanité, car c’est l’humanité qui est menacée. Nous n’avons pas encore toutes les réponses [aux questions concernant le virus]. Mais nous les aurons. Nous les aurons!»