«Nous sommes très inquiets.» Le ministre de la Culture et du Tourisme, Chris Smith, ne cache pas l'angoisse du gouvernement britannique face aux conséquences désastreuses de l'épizootie de fièvre aphteuse sur l'industrie touristique nationale. Les cinq premières semaines sont déjà catastrophiques – 100 millions de livres (250 mios FS), de manque à gagner par semaine – mais le pire est à craindre. Alors que les touristes devraient affluer pour Pâques, tous les signaux sont rouge vif, même à Londres. De plus, les grands hôtels et les instituts linguistiques notent un effondrement des réservations pour cet été, particulièrement de la part des Américains, alors même que l'année avait débuté sur des bases record. L'impact économique promet d'être considérable: le tourisme rapporte chaque année plus de 50 milliards de livres au Royaume-Uni. Les estimations les plus pessimistes prévoient une facture dépassant les dix milliards de livres pour le tourisme britannique.

Pour corriger l'impression désastreuse selon laquelle la Grande-Bretagne entière est sous quarantaine, les autorités se sont lancées dans une vaste, quoique tardive, campagne de relations publiques. Vendredi, Chris Smith a passé plus d'une heure avec la presse étrangère pour «corriger certains comptes rendus» qui contribuent à donner de la grande île l'image d'un pays paralysé, où rien n'est possible, pas même manger ou boire de l'eau, et où l'on risque sa santé. Le ministre s'est notamment élevé contre la couverture «erronée» de certains médias américains. Loin de mettre toute la faute sur autrui, il a reconnu la responsabilité du gouvernement, dont le message initial a été de supplier les citadins d'éviter toute excursion à la campagne.

Ce week-end, quelque 200 propriétés de l'English Heritage et 160 sites appartenant au National Trust vont rouvrir. Plusieurs autres attractions et sentiers publics, fermés à titre préventif, l'ont déjà été. Chris Smith attire l'attention sur plusieurs faits: une vaste majorité du pays, en particulier les grandes villes, n'est pas affectée par l'épizootie. Même dans les régions très touchées comme le comté de Cumbria, la majeure partie des attractions fonctionne. «Personne ne sera confronté de près à l'abattage des bêtes, et les bûchers sont loin des régions touristiques», assure le ministre. Le gouvernement, préoccupé que l'image de la Grande-Bretagne ne se soit dégradée pour longtemps, prépare une campagne de pub dès que l'épizootie le permettra.