Horizon

Louis Dreyfus, patron du «Monde»: le défi permanent de la confiance des lecteurs

Louis Dreyfus, le président du directoire du groupe «Le Monde» raconte les choix stratégiques du groupe qu’il a repris il y a huit ans

Ce mardi 29 janvier a lieu le Forum Horizon, au Campus Biotech à Genève. Retrouvez au long de la journée des résumés des interventions de nos experts.

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Le président du directoire du groupe Le Monde ne va pas repeindre le portrait d'un journalisme en difficulté. Il est passé à autre chose. Désormais, il a confiance, et les lecteurs de son titre aussi, assure-t-il. «C'est le meilleur moyen de contrer la défiance suscitées par les GAFA», indique-t-il.

Sous les plafonds hauts du Campus Biotech, lors du Forum Horizon, Louis Dreyfus a présenté des chiffres qui font sa fierté. Un lectorat en hausse, une multiplication des abonnements numériques et surtout cet indice de confiance en constante amélioration. Ceci, malgré la crise des gilet jaunes et un contexte de défiance enflammé face aux médias. «Maintenir la confiance avec notre lectorat est un défi permanent pour nous», précise l'orateur.

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«Un cercle vertueux»

Les armes qu'il actionne à ces fins sont d'une évidence presque rassurante. «Nous misons sur un contenu de qualité, un journalisme d’expertise et l'indépendance de notre rédaction». En 8 ans, 150 journalistes ont été recrutés pour atteindre cet objectif de qualité. «Il s'agit d'entrer dans un cycle vertueux. Investir dans la rédaction, améliorer le contenu et élargir le lectorat.»

Ce lectorat, Le Monde va d'abord l'élargir auprès des nouvelles générations. «Nous voulons les accompagner dans leur compréhension d’un monde en transformation». Pour y parvenir, il a dû prendre le virage de la numérisation. Présence sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Snapchat, amélioration de l'expérience lecteur, les stratégies du groupe visent la personnalisation de l'offre. «Nous sommes obsédés par les volontés de l'utilisateur et nous sommes dans le devoir de nous y adapter.»

Le groupe français s'est aussi étendu vers l'Afrique en créant Le Monde Afrique qui élargit son bassin. Il touche aujourd'hui 7 millions de lecteurs et a l'ambition de devenir le premier médias du continent.

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Dire que l'on ne sait pas

C'est une relation presque intime que le titre est en train de construire avec son lecteur. Pour que la confiance règne, le quotidien se doit d'être aussi honnête que possible. «Pendant les attentats en 2015, alors qu’une course à l’audience et au clic avait lieu, Le Monde a choisi de dire qu’il ne savait pas, qu’il n’était pas sûr de ses informations et attendait de les vérifier.» Quatre ans après, l'homme encore s'en félicite encore.

«Classiquement le journalisme était du «top down». Aujourd'hui, nous sommes plus réactifs aux commentaires et aux usages», rappelle Louis Dreyfus. Face aux GAFA, la stratégie a été fine. Il a fallu s'en inspirer tout en faisant différemment pour s'en distancier. «Nous avons réalisé que la digitalisation grandit, plus on ressent une envie d’incarnation.» En d'autres termes, l'homo numericus a toujours besoin de contact. Le média qu'il consomme doit lui permettre au delà de l'informer de créer des liens. Un rôle unificateur qu'il endosse en organisant notamment des événements. Autant de méthodes qui permet au titre de figurer à la première place des journaux nationaux, avec un total de quelque 2,7 millions de lecteurs par jour. 

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