Amours, délices et orgues (6/7)

Louis, l’éternité d’une étreinte

La passion dans l’été argentin. Deux amis de longue date s’embrasent en un instant. Beau comme le silence avant la note

Chaque jeudi de l'été, notre chroniqueuse raconte la fugacité des histoires de cœur en été. 

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Parfois, tout se joue en une seconde. Moment de bascule, éblouissement. Louis, avocat de 41 ans, a connu ce grand frisson sur un pas-de-porte, au seuil de l’été argentin. Et cette révélation, suivie d’une passion de sept jours, lui a permis de se réconcilier avec Buenos Aires où, des années auparavant, il avait connu l’amour profond et la désillusion.

«C’était une surprise totale», se souvient Louis, le regard bleu glacier plongé dans la Méditerranée. «J’allais voir un ami et j’ai fini dans son lit.» Entre les deux, une étreinte, «aussi magique qu’inattendue». «Je suis heureux d’avoir connu ce moment suspendu, ce petit joyau où tout était léger, sans ombres, ni attaches.»

Fin novembre 2013, Buenos Aires. Lors d’un voyage réparateur, Louis rend visite à son ami Pedro, designer. Ils se connaissent depuis longtemps, l’Argentin est un fidèle confident. Il sonne, Pedro ouvre. Ils se collent une bise classique et «soudain, la proximité prend une autre densité». «Une aspiration nous saisit de la tête aux pieds, comme si on ne pouvait plus se décoller. C’était à la fois très intime et très puissant. On a fait l’amour tout de suite. Et pendant une semaine.»

Comme Louis vit à 10 000 kilomètres, «la passion était magique, sans lendemain». «J’étais dans un film, je pouvais me donner à fond sans avoir peur de souffrir. Je pouvais m’abandonner, vibrer. On a passé notre temps sur la terrasse à boire du maté ou du malbec à la lueur des bougies. Pedro parlait beaucoup – c’est un Argentin! – et il me prenait en photo. Un soir, on s’est rendus à un vernissage d’expo. Comme Pedro est très populaire, tout le monde nous souriait. Il y avait du champagne, les gens étaient beaux. Je me suis senti désirable. J’étais magnifique, spectateur de ma vie.»

Que retire-t-il de cette parenthèse enchantée? «Une satisfaction. J’ai été capable d’atteindre le beau, le soupir avant la note. C’est une pierre précieuse dans mon jardin. Je la souhaite à chacun.»

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