Dans nos archives, il y a un siècle

L’union des Suisses, plus forte que leurs divisions

Carl Albert Loosli, cet enfant illégitime qui a passé par la sinistre maison de correction de Trachselwald, a 38 ans lorsque le Journal de Genève l’évoque, ce 5 août 1915. L’écrivain de Berne-Bümpliz vient de publier un texte fondateur, «Ce qui nous unit». Il y a exactement un siècle, celui que Le Temps qualifiait en l’an 2000 de «journaliste engagé» et de «pamphlétaire caustique», «écœuré par l’influence allemande en Suisse, […] prend appui sur la partie francophone du pays, qu’il juge plus favorable à l’indépendance de la Confédération» en temps de guerre. Et en tout temps, d’ailleurs.

C’est «un type très savoureux de Suisse alémanique», constate joliment le Journal, «assez satisfait que nous puissions enfin nous disputer en toute liberté d’esprit». «Car c’est la conscience patriotique troublée», écrit-il, «qui cherche, sous des apparences d’inimitié […] à faire aboutir une entente définitive et durable» dans le maelström qui l’entoure, déclenché en 1914. Sa conclusion? «Ce qui nous unit sera toujours plus fort que ce qui nous sépare.»