Et de quatre. Après l'OTAN, la Suisse et l'Union européenne, voici le programme des Nations unies pour l'environnement qui «blanchit» les munitions à uranium appauvri (UA) utilisées durant le conflit au Kosovo en 1999. Selon son rapport final de l'organe de l'ONU, «il n'y a pas de raison de s'alarmer». Financés par la Confédération helvétique, 14 scientifiques des plusieurs pays ont analysé 355 échantillons de sol, d'eau et de végétation et effectué plusieurs tests sur place sur des bâtiments et des véhicules détruits. Les chercheurs ont mesuré de faibles taux de radioactivité et de contamination par la poussière d'uranium dans le voisinage immédiat des points d'impact. Des indicateurs biologiques ont aussi apporté des indices de diffusion de la pollution par le vent dans les environs proches des cibles bombardées. Mais, selon le rapport, les quantités en jeu sont si petites que les «risques radiologiques ou chimiques sont insignifiants».

Les chercheurs ont aussi confirmé la présence de radio-isotopes tels que l'uranium 236 ou le plutonium 239 et 240. Ces éléments prouvent que les obus à UA étaient fabriqués, au moins en partie, avec du matériel sorti de réacteurs nucléaires civils. Ce qui a toujours été nié. Officiellement, ces armes auraient été construites avec les déchets issus de la production d'uranium enrichi, c'est-à-dire le futur combustible des centrales. Mais les quantités, une fois de plus, sont très faibles et n'auraient pas d'impact significatif sur l'environnement.

Le rapport précise néanmoins qu'on trouve toujours sur place des fragments de munitions. Les toucher ne présente aucun danger, mais les conserver longtemps (plusieurs semaines au moins) près de la peau, ou encore en ingérer d'infimes quantités (par les enfants par exemple qui avalent un peu de terre contaminée), peut entraîner des doses radioactives ou biochimiques un peu plus hautes que les normes en vigueur.