Et de trois. Après l'OTAN et la Suisse, l'Union européenne affirme à son tour que l'uranium appauvri, utilisé dans les munitions tirées par les Américains dans l'ex-Yougoslavie, ne présente aucun danger pour la santé humaine. C'est en tout cas l'avis rendu mardi par un groupe d'experts indépendants mandaté par la Commission de Bruxelles.

«Sur la base d'informations disponibles jusqu'à présent, les experts ont conclu que l'exposition à l'uranium appauvri ne peut entraîner d'effet décelable sur la santé humaine», affirme leur rapport publié à l'issue de deux mois d'enquête. Et les scientifiques de souligner que «la possibilité d'un effet combiné d'une exposition à des produits chimiques toxiques et cancérigènes et à la radiation n'est pas à exclure, mais il n'existe aucune preuve qui soutienne cette hypothèse». En clair, il n'est pas possible d'établir un lien entre la mort de soldats alliés qui ont séjourné au Kosovo ou en Bosnie et leur exposition à un mélange de produits chimiques cancérigènes et de radiations.

Les experts se rallient ainsi aux conclusions du comité médical de l'OTAN. Son président Roger Van Hoof avait affirmé fin janvier «qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre l'uranium appauvri et les symptômes relevés chez les militaires dans les Balkans». Un point de vue partagé à l'époque par le comité directeur (suisse) sur la radioactivité, qui réunit des spécialistes de l'administration fédérale.

Bruxelles avait décidé en janvier de consulter ces experts en radiation après la mort de vétérans des Balkans et de plaintes de leurs familles accusant l'uranium appauvri d'être à l'origine de leur décès. Ce métal, moins radioactif que l'uranium naturel, permet de percer les blindages les plus résistants. Le rapport des experts européens contribuera à apaiser la polémique autour du «syndrome des Balkans». Sans pour autant rassurer ceux qui, à l'instar des eurodéputés, réclament la mise à ban temporaire des armes à uranium appauvri.