C'est un constat d'échec extrêmement clair. Hier, Berne a admis qu'il était «irréaliste d'imaginer pouvoir enregistrer tous les détenteurs de cartes SIM à prépaiement» utilisées dans les téléphones mobiles. Dans un communiqué, le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) annonce des mesures pour tenter de remédier au problème. Mais les chances de réussite sont minces.

Dans une ordonnance de juin 2004, le Conseil fédéral avait fixé au 31 octobre 2004 le délai pour que les utilisateurs de cartes SIM prépayées s'enregistrent. But de l'opération: prévenir l'utilisation anonyme de ces cartes par des criminels, tel des terroristes ou des trafiquants de drogue. Le bilan est peu reluisant. D'abord parce que, malgré la menace par les opérateurs de bloquer la carte, les propriétaires d'environ 300 000 cartes SIM ne se sont rétroactivement pas annoncés. Il y a plus grave. «Dans le cadre de plusieurs enquêtes pénales impliquant des cartes SIM, il n'a pas été possible de retrouver leur propriétaire», explique Stéphanie Lenoir, du service juridique du DETEC.

En d'autres termes, les données recueillies par les vendeurs de cartes SIM – des magasins de téléphones aux kiosques – sont lacunaires, voire fausses. Le DETEC, qui a rencontré cette semaine les trois opérateurs mobiles, a décidé hier trois mesures. D'abord, avertir l'acquéreur d'une carte SIM qu'en cas de don ou de vente de celle-ci à un tiers qui commet des actes criminels, il pourra être poursuivi pénalement. Ensuite, améliorer la formation des vendeurs de cartes. Enfin, «examiner l'introduction d'une assurance qualité» pour identifier les adresses mal ou non enregistrées.

«L'amélioration de la formation du personnel de vente est une bonne chose, mais il sera toujours possible de déclarer une adresse fantaisiste», commente Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom.