Les célébrités ne sont pas de bons ambassadeurs en période de pandémie. Une étude menée par trois chercheurs lausannois montre que la population se fie davantage aux experts scientifiques lorsqu'il s'agit de relayer un message.

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En mars 2020, un psychologue de l'Université de Lausanne et deux informaticiens de l'EPFL ont consulté 12 194 personnes via Facebook dans six pays, Suisse, Etats-Unis, Brésil, Italie, Espagne et Corée du Sud. Les internautes ont dû dire s'ils étaient prêts à partager un message – en l'occurence un appel au respect des distances sociales – parmi un choix de politiciens, experts scientifiques et célébrités.

Donald Trump mal noté

Sur l'ensemble des pays de l'enquête, l'immunologue américain Anthony Fauci a été cité le plus souvent. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a également obtenu un excellent score en Suisse. A l'inverse, les célébrités, par exemple l'acteur Tom Hanks, ont terminé aux dernières places.

La donne a été légèrement différente aux Etats-Unis, où Donald Trump a aussi été laissé pour compte. L'ancien président des Etats-Unis figure à l'avant-dernier rang, devançant uniquement la star de la téléréalité Kim Kardashian.

Les scientifiques et les gouvernement sont écoutés

«Les célébrités constituent sans aucun doute le plus mauvais choix pour toucher et motiver le grand public», a constaté Ahmad Abu-Akel, l'un des responsables de l'étude, publiée dans le magazine Plos One. L'étude a aussi montré que les personnes plus âgées étaient plus promptes à relayer un message en période de pandémie. Le capital sympathie du porteur du message auprès de la population joue également un rôle.

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Pour les auteurs de l'étude, les experts scientifiques et les gouvernements «ne devraient pas sous-estimer leur pouvoir en matière d'information et de persuasion en période de crise». Ils suggèrent aux autorités de communiquer via des experts fiables et populaires, comme actuellement pour les campagnes de vaccination.