Si des extraterrestres essayaient de se faire une idée de notre sexualité, simplement en nous écoutant parler… Ils se demanderaient ce que nous venons faire dans cette galère. Non seulement le sexe crée une multitude de conflits et de malentendus, mais la tendance semble s’accélérer: le monde post-révolution sexuelle est devenu un monde post-sida (il faut le dire vite), post-#MeToo, post-porno… post-innocence. Tout se passe comme si nos sexualités ressemblaient à un rendez-vous constamment manqué. En théorie, l’expérience est merveilleuse. En pratique, la promesse n’est pas tenue.

La lecture de la dernière enquête de l’Ifop, parue le 3 septembre*, qui sondait l’état de la sexualité des Européennes issues de 5 pays (France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni), n’aura pas rassuré nos extraterrestres. Or les discours alarmistes sont largement infondés. Prenons un exemple typique: 23% des femmes sont malheureuses en amour, et 28% sont malheureuses au lit (5000 femmes ont été interrogées, dans 5 pays européens). A priori, le verdict est sans appel. Pourtant, ces laissées-pour-compte du plaisir sont essentiellement… celles qui en sont exclues – en l’occurrence, les célibataires. Les femmes qui accèdent au couple sont très largement satisfaites: seules 14% d’entre elles se plaignent de leur situation.