Le personnel des hôpitaux ne se lave les mains qu'une fois sur deux. Et ce manque de précautions favorise les infections en milieu hospitalier. Voilà pourquoi l'Office fédéral de la santé publique lance une opération «Mains propres» à l'hôpital.

Chaque année, 70000 personnes contractent une maladie infectieuse dans un hôpital helvétique. Et 2000 en meurent. Une partie de ces décès et des ces contaminations pourraient être évités si le personnel se lavait plus souvent les mains.

Sept pour cent des personnes hospitalisées contractent une maladie nosocomiale durant leur séjour à l'hôpital. Les grands établissements, qui ont plus que les autres recours aux techniques de soins invasifs, sont particulièrement mis en cause. Les unités de soins intensifs sont les plus touchées, avec un patient sur trois atteint d'une maladie nosocomiale. Les germes les plus fréquents: «Escherichia coli» et le staphylocoque doré. Ce genre de maladie entraîne 300000 jours d'hospitalisation supplémentaires et environ 250 millions de francs par an.

Geste simple et peu coûteux, se laver les mains permettrait de faire baisser ces chiffres. Ce sont les médecins qui sont les plus négligents, puisque seuls 45% d'entre eux se soumettent à ce principe de précaution - contre 58% du reste de leurs collaborateurs. Se laver les mains permet de rompre la chaîne entre l'émetteur et le récepteur, à chaque fois qu'il y a un risque de transmission de micro-organismes potentiellement pathogènes. Sachant qu'un employé aux soins intensifs devrait se laver les mains jusqu'à 15 fois par jour, il est préconisé qu'il se serve d'un petit flacon de désinfectant à base d'alcool. La campagne est coordonnée par Hugo Sax, médecin aux Hôpitaux universitaires de Genève.