Terrorisme

«La majorité des Imams suisses est islamiste»

L'experte Saïda Keller-Messahli, qui publie dans une semaine un livre sur la situation en Suisse, exige, dans la NZZ Am Sonntag, un maximum de 300 mosquées et la surveillance de tous les prédicateurs et de leurs lieux de culte

Après les récents attentats terroristes et l'affaire de l'imam de Bienne qui aurait prêché la haine contre son pays d'accueil tout en bénéficiant de l'aide sociale, l'experte Saïda Keller-Messahli accorde une interview à la NZZ am Sonntag. Elle demande de «surveiller toutes les mosquées et tous les prédicateurs». 

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Saïda Keller-Messahli est l'auteur d'un livre qui sort dans une semaine, «Islamistische Drehscheibe Schweiz» (La Suisse, plaque-tournante islamiste). Elle y dépeint une sombre image de la Suisse, infiltrée par les islamistes. Les mosquées sont extrêmement conservatrices, révèle-t-elle. «La majorité des imams qui prêchent en Suisse est islamiste», à son avis. De plus en plus de prédicateurs radicaux utilisent le pèlerinage à la Mecque afin d'être endoctrinés, déclare-t-elle à la NZZ am Sonntag.

Saïda Keller-Messahli estime que «de plus en plus d'organisations salafistes proposent des pèlerinages. Le but est simple. C'est au cours de ces voyages que l'on a la plus forte influence sur les musulmans, naturellement dans le sens de l'islam radical».

Le prédicateur biennois Abu R. aurait été un accompagnateur des voyages à la Mecque ces deux à trois dernières années, selon un bureau de voyage à Genève. L'imam aurait demandé la «destruction» des chrétiens, des juifs et des hindous. 

Naïveté des politiciens?

L'experte propose l'établissement d'un registre et d'un système d'autorisation des imams. De plus, elle recommande une limitation du nombre de mosquées à 300. «C'est plus qu'assez», déclare-t-elle.

A son goût, la Suisse est trop réservée à l'égard des imams radicaux. «Ces prêcheurs préparent le terrain spirituel à des actes de violence», avance-t-elle dans l'hebdomadaire zurichois. L'experte reproche aux autorités politiques de faire preuve de «naïveté». En particulier à gauche. «Cette dernière me rappelle à l'ordre lorsque je répète que nous avons des problèmes avec les imams, selon Saïda Keller-Messahli. Au parti socialiste, l'important consiste à ne «pas apporter de l'eau au moulin de l'UDC», ajoute-t-elle. 

Par ailleurs, selon un sondage diffusé par le SonntagsBlick repris par l'ATS, 38% des Suisses disent se sentir menacés par les musulmans de Suisse. La peur de l'islam a plus que doublé au cours des treize dernières années. Les personnes interrogées veulent une lutte plus dure de l'Etat contre les salafistes radicaux. L'interdiction de ce mouvement extrême obtiendrait même la majorité au sein de la population, ajoute le journal dominical zurichois. Les sondés veulent également un contrôle accru des mosquées et de leur financement et une surveillance renforcée des imams. Une majorité se dégage aussi, selon l'ATS, pour que seuls les imams formés dans une université suisse soient autorisés à prêcher.

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