Le Temps: Comment l'Eglise catholique va-t-elle transformer cet énorme succès d'une semaine des JMJ en une action durable?

Marco Politi: C'est le grand problème et la grande interrogation de l'Eglise aujourd'hui. A l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse, en 1997, à Paris, les jeunes avaient déjà fait preuve d'une grande vitalité et d'une forte visibilité. Et pourtant, lors du dernier synode continental, les évêques ont présenté une analyse qui reste valable, à savoir: les paroisses sont vides, il y a un manque de prêtres, peu de personnes vont se confesser. Il y a un véritable écart entre les jeunes et l'Eglise institutionnelle. Celle-ci doit avoir le courage de se rénover.

– Concrètement il n'existe donc pas de stratégie des autorités catholiques pour répercuter à la base le succès de ces JMJ?

– Non. Et il existe même un autre risque, c'est que la hiérarchie catholique prenne prétexte de cette réussite des JMJ pour s'engager dans un processus d'autosatisfaction et ne rien changer.

– Les JMJ sont étroitement liées à la personnalité de Jean Paul II, quel peut être l'avenir de la manifestation?

– L'une des grandes interrogations, c'est évidemment de savoir ce qui se passera après la mort de Jean Paul II. Les JMJ dépendent du rapport direct entre le pape actuel et les jeunes. Lors du prochain conclave, ce sera sans doute l'un des principaux enjeux. Il faudra écarter les bureaucrates et les politiques au profit d'un grand personnage médiatique, c'est-à-dire quelqu'un qui parvienne à entrer sincèrement en communication avec les gens.

Propos recueillis par E. J.