Derrière son sourire et ses yeux charmeurs, Malika Nedir cache une farouche détermination, une passion jamais assouvie pour les gens qu'elle rencontre et ses «champs d'investigation» prioritaires: le Moyen-Orient, l'Afghanistan, l'Algérie. Lauréate du Prix Dumur à l'âge de 36 ans, cette journaliste de la Radio suisse romande (RSR), au fil de ses nombreux reportages, a su restituer l'émotion sans jamais oublier de mettre en perspective ses sujets.

Double nationale algérienne et suisse, elle a rejoint en 1994 la RSR après des études à Lausanne et Genève et quatre années passées à l'Office des réfugiés. Ses études la portaient déjà vers ce Moyen-Orient. Son diplôme des Hautes études internationales ne s'intitulait-il pas en 1991, presque prémonitoire: «La prolifération des missiles balistiques au Moyen-Orient. Le cas de l'Irak».

Croisée récemment juste avant son départ pour Kaboul afin d'y couvrir l'élection présidentielle, elle se réjouissait déjà d'aller à la rencontre des femmes afghanes dont elle admire le courage. Et dont elle partage sans doute un trait de caractère: la ténacité souriante. Une ténacité qui lui permet d'obtenir de ses interlocuteurs des paroles qui transforment la langue de bois en accents de sincérité. Une ténacité aussi vis-à-vis de sa rédaction pour défendre son point de vue et imposer ses sujets.

Malika Nedir, qui se trouve ces jours dans les territoires palestiniens pour couvrir la succession d'Arafat, n'en déplaise à sa modestie, a toutes les qualités que veut reconnaître le Prix Jean Dumur, remis depuis 1987 en mémoire de l'ancien patron de l'information de la Télévision romande: «Recherche têtue de la vérité, droiture, indépendance farouche, élégance et clarté de l'expression.»