La mort de Marcel von Allmen, 19 ans, est bien un crime prémédité par une cellule néonazie qu'il avait rejointe au cours de l'été dernier. Ce groupe s'était donné une consigne de silence très stricte, et c'est pour l'avoir violée que le jeune apprenti installateur sanitaire a été condamné à mort et exécuté, explique la police dans un communiqué publié mercredi.

Les quatre auteurs présumés du meurtre, âgés de 17 à 22 ans, ont tous avoué les faits et se trouvent toujours en détention préventive. Les enquêteurs estiment que la cellule néonazie d'Interlaken ne comprenait que les cinq acteurs du drame. Deux des accusés en ont formé le noyau il y a deux ans et l'ont baptisé «Ordre des chevaliers aryens»; un des deux s'affirmait nettement comme le leader du groupe.

Le but des réunions qui se tenaient dans un appartement privé était de promouvoir une politique nationale-socialiste et d'expulser les étrangers indésirables de la région. Les jeunes se sont procurés, notamment par Internet, des documents publiés par le NSDAP allemand ou l'organisation «Blood +Honour» britannique. Deux jeunes nient toutefois professer des idées en rapport avec l'extrême droite. Le chef du groupe avait introduit une règle du secret absolu vis-à-vis de l'extérieur.

Marcel von Allmen, lui, n'avait pas su tenir sa langue. Selon les déclarations des accusés, c'est pour cette raison qu'une sorte de «tribunal» interne a discuté la question de savoir s'il devait être juste exclu de la cellule ou exécuté. Apparemment, aucun des quatre membres présents ne s'est prononcé explicitement contre la mort de l'apprenti.

Battu à mort

Le 27 janvier dernier vers 22 h 30, un des jeunes l'attendait avec une voiture près d'une école primaire d'Unterseen. Conduit aux ruines de Weissenau, Marcel von Allmen y a été matraqué à de nombreuses reprises avec un tube d'acier par un deuxième comparse et roué de coups de pied par le troisième. Il est mort de ses blessures sur place, son cadavre lesté a été jeté dans le lac à un endroit précédemment repéré. Le quatrième membre n'était pas présent, mais a prêté sa voiture et participé aux préparatifs.

L'enquête se poursuit pour déterminer notamment de quelle manière les jeunes néonazis finançaient leurs activités.

LT