VATICAN

La mère de Cédric Tornay: «Mon fils a été assassiné»

Clôture de l'enquête

«Le Vatican devra dire la vérité.» Alors que le Saint-Siège présente ce matin les conclusions de l'enquête sur la mort, le 4 mai dernier, du commandant des Gardes suisses Alois Estermann et de son épouse Gladys Romero, la mère de Cédric Tornay, le jeune caporal suspecté de s'être suicidé après avoir tué le couple, attaque de front le Vatican. Dans un entretien paru hier dans le journal romain Il Messaggero, Muguette Baudat conteste le rapport du magistrat Gianluigi Marrone qui confirmerait la thèse accréditée de la tragédie par les services pontificaux.

Selon le porte-parole du Vatican Joaquim Navarro Valls, Cédric Tornay, vexé de ne pas avoir été décoré, aurait abattu le nouveau commandant de la garde dans un geste de folie. Malgré de nombreuses interrogations autour de la reconstruction de l'affaire, une lettre attribuée à Cédric Tornay, destinée à sa mère, corroborerait cette version: «Ce sont eux qui m'ont contraint à faire ce que j'ai fait», indiquait notamment le jeune caporal.

Mais Muguette Baudat a toujours nourri des doutes quant à l'authenticité de la lettre et ne croit plus du tout, aujourd'hui, à cette lecture officielle du drame. Parce qu'il y a quelques mois, le magistrat qui menait l'enquête aurait déclaré à l'agence de presse italienne: «La réalité dépasse la fiction» (avant de se prononcer en décembre dernier pour le classement du dossier). La mère de Cédric Tornay se dit convaincue qu'il s'est agi «d'une mise en scène orchestrée pour éliminer Estermann et avoir un assassin fou et mort». En clair, le nouveau commandant aurait été éliminé parce qu'il en savait trop sur les affaires du Vatican. «Peut-être le colonel avait-il vu ou su quelque chose qu'il ne devait pas voir ou savoir, peut-être voulait-il protéger le pape», indique Muguette Baudat qui précise ne pas savoir si Estermann était ou non un espion au service de la Stasi (les services secrets est-allemands) comme la rumeur l'a laissé entendre. Pris dans cette terrible machination, son fils aurait été également assassiné pour faire office de meurtrier présumé et bloquer une éventuelle enquête.

Introuvable hier, Muguette Baudat n'a pas encore étayé ses soupçons. «Mes avocats attendent de prendre connaissance des actes de l'enquête», s'est-elle contentée d'indiquer au journal romain. «C'est après que nous pourrons contre-attaquer. Nous obligerons le Vatican à dire la vérité grâce à deux documents que je conserve à l'abri dans une banque et grâce à une contre-expertise déjà réalisée.»

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