La Suisse a entériné comme il se devait, jeudi, le passage à la phase 6 d’alerte pandémique décrétée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans le même temps, cependant, ses autorités sanitaires ont tenu à rassurer la population. Ce développement était «attendu», a ainsi banalisé l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un communiqué, avant d’assurer que «pour l’heure, il n’y a pas d’augmentation du risque pour la population».

«Le changement de phase de l’OMS n’a pas de conséquence immédiate pour la Suisse et des mesures supplémentaires ne sont pas nécessaires, assure le document. La stratégie actuelle consiste avant tout à suivre attentivement l’évolution de la pandémie avec les partenaires nationaux et internationaux et à évaluer constamment le risque pour la Suisse.»

La situation a tout de même évolué. L’OFSP admet que tous les pays ont été expressément invités à prendre des dispositions «pour lutter contre le virus et protéger leur population». Et pour cause: «La vague pandémique atteindra tôt ou tard la Suisse.» Pas de mesure drastique donc, mais une vigilance accrue. «La surveillance du virus est à son niveau le plus haut.»

Précautions élémentaires

«La stratégie adoptée part du principe que l’épidémie va surtout se répandre dans l’hémisphère Sud (où l’hiver commence, ndlr) dans les prochaines semaines, mais qu’elle pourrait revenir en force cet automne», a indiqué en conférence de presse Virginie Masserey, cheffe de la Section vaccinations de l’OFSP. Avant de préciser deux principes d’action que s’est donné la Confédération: «Les mesures devront alors être ajustées en fonction de nos observations et de manière proportionnelle.»

Les autorités sanitaires se préparent à affronter trois situations différentes, a confié la fonctionnaire. La première, déjà vécue aujourd’hui, se caractérise par des cas isolés de patients rentrant de voyage avec la grippe. Il leur est simplement demandé de limiter leurs contacts. Les deux autres sont à venir. L’OFSP s’attend ainsi, à plus ou moins brève échéance, à l’apparition de foyers épidémiques, notamment dans des concentrations humaines telles que les écoles, les casernes ou les manifestations publiques. Il s’agira alors d’appliquer des mesures collectives, comme des fermetures de classe. L’office prévoit des «vagues épidémiques», lors desquelles l’essentiel sera de ralentir la propagation du virus pour ménager les capacités de réaction du secteur de la santé et de la société.

Face au défi qui se dessine, Virginie Masserey a conseillé à chacun de «contribuer dès maintenant» à la lutte contre la maladie en adoptant des mesures d’hygiène élémentaires. En se lavant régulièrement les mains, en gardant de la distance et en s’isolant, bien entendu, en cas de fièvre.