L'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) a présenté hier des recommandations sur la mesure et le calcul du rayonnement des antennes de téléphonie mobile. Ces directives, qui ne sont pas encore définitives, permettent aux cantons et communes d'uniformiser leur application de l'Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI), entrée en vigueur en février 2000.

L'OFEFP propose notamment aux métrologues d'utiliser quatre méthodes de mesure différentes. Dans les locaux où les intensités varient considérablement d'un endroit à l'autre, l'office fédéral recommande de garder la plus élevée. Pour les antennes en projet, les autorités cantonales ou communales sont invitées à demander une estimation du rayonnement que produira l'installation sur son environnement. Ces fiches provisoires ont déjà été utilisées pour des milliers d'antennes. Les milieux concernés par ces recommandations, opérateurs en tête, ont jusqu'au 20 mai pour donner leur avis sur le projet. Celui-ci sera ensuite éventuellement modifié avant d'être recommandé en tant qu'instrument définitif d'aide à l'exécution de l'ORNI.

Déjà amers en raison des règles suisses particulièrement sévères quant à la construction d'antennes, les opérateurs se méfient de ces nouvelles recommandations. «La norme en France est de 58 Volts par mètre, alors qu'en Suisse elle est de 6 seulement, explique Sylvie Leuthold, du service de presse d'Orange. Dans ses recommandations, l'OFEFP propose que le calcul pour la construction de nouvelles antennes contienne encore un facteur deux supplémentaire, dit de précaution. Il sera de plus en plus difficile de construire des émetteurs en ville, à Genève notamment.»