Cinq ans, ce n’est pas long sur l’échelle de l’Histoire. Et pourtant, bien des choses ont changé depuis le 5 octobre 2017, date à laquelle le New York Times publiait son enquête sur Harvey Weinstein. Sur Twitter, l’actrice américaine Alyssa Milano encourageait dans la foulée les femmes ayant subi une forme de harcèlement ou d’agression à utiliser un hashtag: #MeToo. Elle n’était pas la première à les y enjoindre, mais cette fois-ci le sujet enflammait le web, faisant émerger la question à travers le monde: «Et alors, toi aussi?»
Oui, elles aussi. Un ouvrage collectif dirigé par Rose Lamy, fine observatrice du mouvement via son compte Instagram et autrice du remarqué Défaire le discours sexiste dans les médias (JC Lattès, 2021), revient cette semaine sur le phénomène #MeToo, «au-delà du hashtag». De la chanteuse Angèle à la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, chaque chapitre offre la perspective de celle qui le signe – et force est de constater qu’en 2022, on est toujours loin d’avoir fait le tour du sujet.