Climat

«Mettre un enfant au monde, c’est participer au problème»

Toute une génération en âge de procréer a grandi avec la crise climatique en toile de fond. Face à l’inaction politique, de jeunes couples revendiquent, sous une bannière militante ou non, une façon (parmi d’autres) d’agir: ne pas avoir d’enfants

Ils sont en Suisse, en couple, en bonne santé, en âge de procréer. En âge de s’informer sur la marche du monde et ses sombres perspectives, aussi. Du déclin sans précédent des insectes aux canicules marines dévastant la faune, en passant par les projections démographiques qui estiment à 10 milliards le nombre d’être humains en 2050, ils ont grandi en se demandant ce qu’ils pourraient bien faire pour, si ce n’est sauver le monde, ne pas contribuer à sa perte. Certains sont devenus végétariens, d’autres ont renoncé à la voiture. Une question s’est progressivement imposée: pourquoi faire des enfants?

Alors que la procréation est encore socialement considérée comme le choix «par défaut» des couples qui peuvent l’envisager, la décision d’y renoncer est toujours multifactorielle, rendant impossible une analyse statistique du seul argument climatique. Mais ce dernier pèse assez lourd dans la vie des jeunes issus de pays développés pour qu’outre-Atlantique ils aient droit à leur propre acronyme: les «ginks», pour green inclination no kids.