En hiver, la station balnéaire de Carcans-Plage, à 70 kilomètres au nord-ouest de Bordeaux, ne compte qu'une centaine d'âmes. En été, c'est une vraie petite ville. La gendarmerie française doit faire vite pour démasquer le meurtrier de la Suissesse de 18 ans, résidant à Rifferswil dans le canton de Zurich, retrouvée morte samedi dans les dunes, face à l'océan (lire LT du 7. 8. 2000). «Cette enquête est une course contre la montre, explique le lieutenant colonel Max Boulet, adjoint du commandant de la gendarmerie de Bordeaux. Les témoins sont des vacanciers. Dans quelques jours, ils vont rentrer chez eux. Une quarantaine d'enquêteurs de la gendarmerie travaillent d'arrache-pied.» Ils ont passé la journée de mardi à faire du porte-à-porte, pour soumettre trois portraits-robots aux mille habitants du camping et aux personnes du voisinage. «Ces portraits-robots sont ceux d'hommes, sans lien entre eux, ayant été aperçus dans le camping ou aux abords du camping où se trouvait la victime les jours précédant les faits, a indiqué Isabelle Reynaud, substitut du procureur de la République de Bordeaux et chargée de la communication. Il ne s'agit pas d'hommes ayant été aperçus avec la victime.» La justice a décidé le même jour de publier les trois portraits.

Autre travail des enquêteurs: ratisser les dunes, tout autour du lieu où un promeneur a découvert le corps de la victime, en partie dévêtu et recouvert. «Avec le vent, le sable peut enfouir un vêtement en quelques heures, raconte l'officier. Deux heures plus tard, l'objet peut être à nouveau visible. Il faut parcourir la plage en permanence.» Selon lui, les recherches, menées au sol et à partir d'un hélicoptère, ont permis de retrouver «pas mal d'objets liés à l'affaire». Toutes ces informations permettront peut-être de démasquer le meurtrier.

La famille de la jeune femme avait planté sa tente au Camping municipal de l'océan dix jours plus tôt. Selon le journal Sud-Ouest, les parents de la victime, ne la voyant pas rentrer vendredi soir, ont commencé les recherches à la lampe de poche. Samedi, ils ont alerté la police. La photo et le signalement de la disparue ont été diffusés. L'après-midi, un promeneur a découvert son corps, partiellement dévêtu et recouvert de sable.

Lundi, les résultats de l'autopsie ont confirmé la thèse du meurtre. La jeune femme portait des traces d'étranglement. Le Parquet de Bordeaux, qui privilégie l'hypothèse d'un crime sexuel, a commandé des analyses complémentaires. «Nous disposons de résultats, expliquait Max Boulet mardi soir, mais le secret de l'enquête nous empêche encore de les communiquer.»

Dans le camping, la vie continue malgré les allées et venues des forces de l'ordre. Le gérant, cité par l'ATS, précise qu'«il n'y a pas de psychose ni de panique». Mais les parents sont inquiets et les enfants invités à ne plus sortir seuls le soir. Carcans-Plage est pourtant un «secteur très calme d'habitude», selon l'adjoint du commandant de la gendarmerie.