Tiens, il y a un numéro rouge sur la coquille de l’œuf tout blanc. 1-CH-542. La belle époque, vraiment, où les œufs portent des matricules. D’ici à ce que leurs mamans aient des dents…

Depuis le début du mois de mars, en effet, la Migros imprime un code d’identification sur les cocons qu’elle vend. «Grâce à ce chiffre, on peut remonter jusqu’à la ferme de laquelle l’œuf provient», explique le site internet du supermarché.

On se prête au jeu. 1-CH-542, voyons voir. Aussitôt ce code rentré sur le site Internet de la Migros*, on découvre la famille Schmid. Il y a là Robert et Helga, gruezi Helga, tchüss Robert, leurs trois enfants, leurs sourires, et bien sûr leur ferme, à Ueken. Il y a même une carte qui permet de situer le village, entre Aarau et Bâle. Une galerie photos présente le domaine ainsi que la volaille, et déjà, l’internaute se sent en sympathie avec toute l’exploitation. Une forme de familiarité renforcée par les informations sur les manières de produire des œufs en Suisse.

On rapprochera cette jolie idée publicitaire du courant des locavores – c’est le nom qu’on donne aux consommateurs qui souhaitent consommer local plutôt que global. On se souviendra aussi du clip publicitaire** qui avait fait parler de lui, et qui mettait en scène une poule traversant toute la Suisse et braver mille morts pour venir pondre son œuf à la Migros. Traçabilité, sécurité, fraternité.

* www.migros.ch/oeufs

** www.youtube.com/watch?v=ub3JocY-bgQ