Les milieux culturels bâlois ne décolèrent pas et lancent un mouvement de protestation contre le sort réservé à la culture dans la nouvelle formule de la Basler Zeitung, le puissant quotidien de la région bâloise. Car depuis le 4 septembre dernier, les prestigieuses pages culturelles ont été reléguées dans un cahier de format tabloïd encarté en fin de journal et rebaptisé «magazine culturel». Mais surtout, et depuis lundi dernier, les organisateurs de manifestations culturelles doivent désormais payer pour figurer dans la rubrique «Sortir» du journal. Et rédiger de plus eux-mêmes leur annonce directement en ligne dans la banque de données de la BaZ.

Pour une centaine d'institutions culturelles et d'artistes de la région, la coupe est pleine. Ils ont décidé de boycotter le quotidien, qui a une position de monopole en ville. Dans une pleine page parue lundi dans la BaZ, ils protestent contre ce système qui s'apparente, selon eux, plus à des «petites annonces payantes» qu'à un agenda culturel. Et expliquent aux lecteurs pourquoi le mémento se présente sous une forme si dégarnie. Seul parmi les grandes institutions, le Théâtre de Bâle soutient l'action, mais n'a pas signé la page de protestation.

L'éditeur de la BaZ, Matthias Hagemann, a réagi avec vigueur dans les colonnes de son quotidien. Comparant avec les tarifs en vigueur pour la publicité, il estime qu'une taxe de 5 à 20 francs par annonce n'est qu'une contribution modeste pour le service offert. Et fait remarquer que le quotidien, contrairement à d'autres concurrents alémaniques, n'a pas diminué la part accordée à la culture dans ses pages, au contraire même. Cela n'a pas suffi aux mécontents, qui viennent de créer un «Comité pour un bon quotidien» et demandent même à la NZZ de lancer une édition régionale bâloise.