A voir le nombre de capuches, bonnets, écharpes, cols roulés, tricots épais et parkas rebondies présentés lors des collections masculines pour l'hiver prochain, il semble que la mode italienne se prépare au refroidissement global de la planète. Rarement l'homme sera apparu aussi emmitouflé, protégé sous la flanelle, le tweed, la maille surabondante, le cuir, la fourrure en doublure, que durant ces présentations qui ont pris fin jeudi à Milan.

Au terme de cinq jours de défilés de prêt-à-porter haut de gamme, où les stylistes italiens se sont mêlés aux étrangers (on note le nombre de plus en plus consistant d'Anglo-Saxons, Ralph Lauren en tête), la première constatation qui s'impose est que l'hiver prochain sera rigoureux. Certes pas au point de ressortir franchement les fourrures. On se souvient d'une tentative, il y a deux ans, pour imposer la fourrure pour homme, sans succès. Pour cette édition, le rôle des pelages se cantonne le plus souvent aux doublures, revers et cols. A une exception près toutefois: Roberto Cavalli. Le styliste toscan propose, comme nouvelle icône masculine, un croisement entre chasseur inuit et dignitaire népalais où une fourrure abondante se mêle aux tissus chamarrés.

Ailleurs, si fourrure il y a, ce sont des poils courts, type astrakan, qui recouvrent les pelisses. Par exemple, Valentino qui donne à voir une fourrure discrète sur un style inspiré du Paris existentialiste des années 60. Ce styliste romain met surtout en avant la maille, les cols roulés et les capuches. Gucci propose de son côté, outre des cols roulés sur pulls moulants ou gilets à fermetures Eclair noirs, de larges vestes claires aux boutons dorés, une silhouette qui rappelle celle d'officiers autrichiens. Ferré (photo) met beaucoup de fourrures mais seulement sur les cols, tandis que Cerruti enfile des bottes hautes de cavaliers.