Quelle déception! Pour tous ceux qui attendaient avec impatience le mois de juillet pour sortir robes légères et lunettes de soleil, la déconvenue est de taille. De la pluie au Paléo, un froid de canard pour les randonnées en montagne: les juillettistes sont revenus un peu dépités de leurs vacances estivales.

«Dans toutes les stations de Suisse romande, les températures ont été de 1,5 degré inférieures à la moyenne pour le mois de juillet», explique Jean-Paul John, météorologue à Météosuisse. Une situation pas vraiment exceptionnelle, si l'on en croit le spécialiste, mais qui tranchait avec les chaleurs des mois précédents. En effet, mai et juin ont accumulé les journées caniculaires, avec des moyennes de température entre 2,5 et 3,4 degrés supérieurs à la normale sur l'ensemble du territoire romand. De plus, le soleil n'a pas économisé ses apparitions, présent 20 à 40% de plus que d'ordinaire.

Au début de l'été, la sécheresse était alors le sujet de conversation privilégié des agriculteurs. «Le mois de juillet a rétabli l'équilibre», constate Jean-Paul John. Des pluies fréquentes (130 à 180% plus nombreuses que la moyenne) ont accompagné la baisse des températures. Si Genève a totalisé 14 jours de précipitations en juillet, contre une moyenne de 8 à 10 jours pour les années précédentes, les habitants de la Limmat figurent parmi les Helvètes les plus arrosés: Zurich a connu 20 journées de pluie le mois passé. Jean-Paul John note qu'il faut remonter à 1981 pour trouver une situation similaire.

«Ce type de temps se présente tous les 10-20 ans», constate François Calame, responsable des analyses entre le climat et l'agriculture à la Station fédérale de recherche en production végétale de Changins. «Cette année, on a quand même observé un phénomène de durée particulier». A qui la faute? «A l'anticyclone des Açores», répond le spécialiste. Ce pourvoyeur de beau temps ne se serait pas déplacé assez haut sur l'Atlantique.

Quant à Joël Martellet, météorologue à l'Organisation météorologique mondiale, à Genève, s'il estime lui aussi que le mois de juillet n'avait rien d'exceptionnel, il relève que des changements atmosphériques de grande amplitude sont à l'œuvre depuis une décennie et pourraient être la cause de ces variations climatiques: «La circulation d'est en ouest est moins forte. Ces dix dernières années, il y a eu plus de poussées provenant du nord ou du sud, ce qui provoque soit un temps plus chaud ou plus froid que la moyenne.» Ainsi, alors que l'Europe s'emmitouflait en plein été, la Russie connaissait de surprenantes bouffées de chaleur. Faut-il pour autant faire définitivement le deuil de l'été 2000? Sur l'ensemble de l'année, le taux d'ensoleillement est généralement stable, juge Jean-Paul John. Ce qui laisse espérer un mois d'août agréable ou, peut-être, un bel été indien.