«J'ignore ce qui s'est passé… J'avais inscrit mon fils par téléphone. Certains de ses amis participaient au même camp d'aventure. Les brochures m'avaient paru honnêtes…» Ce père d'un jeune Gantois, au Nord de Bruxelles, n'en revient pas. Avec une vingtaine d'autres familles du nord de la Belgique, il se trouve pris dans la tourmente d'une affaire de pédophilie.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les familles de 19 enfants de 8 à 14 ans sont alertées par la police d'une commune de la périphérie bruxelloise. Le camp de vacances où ils ont inscrit leur enfant doit être évacué, officiellement pour des raisons d'hygiène. En réalité, il s'est vite avéré que le moniteur de ce camp s'est livré à des attouchements sur plusieurs de ses pensionnaires.

Cette nouvelle affaire de pédophilie éclate, jour pour jour, deux ans après la découverte des cadavres de Julie Lejeune et Mélissa Russo, deux des petites victimes du pervers sexuel Marc Dutroux. En deux jours d'enquête, on a ainsi appris que depuis plusieurs années Roland G. était soupçonné d'attouchements sexuels sur de jeunes enfants et qu'il devait prochainement comparaître devant un tribunal pour avoir proposé à des écoles catholiques flamandes des cassettes d'éducation sexuelle contenant des images pornographiques impliquant des mineurs.

Chauffeur de bus scolaire, fondateur d'une petite société de production vidéo, l'homme figurait également sur les listes de baby-sitter de plusieurs mutualités de la région flamande. Ces dernières heures, le parquet de Louvain qui instruit l'affaire a été submergé d'appels de parents dont l'enfant a naguère été gardé par le prévenu…

Malgré ces lourds antécédents, connus de plusieurs parquets du Royaume, Roland D. a pu, hors de tout contrôle, et pendant plusieurs années, organiser des camps de survie pour jeunes enfants. Contrairement aux activités subsidiées par les pouvoirs publics, la loi belge ne prévoit aucun contrôle sur la formation et la moralité des organisateurs de camps privés.