Médias

«Monocle», le magazine qui fait une fixette sur la Suisse

Le média britannique vient de dévoiler son premier classement des petites villes. Lausanne arrive en tête. Joint par «Le Temps», son fondateur, Tyler Brûlé, ne cache pas son amour pour la Suisse. Mais il prévient: son attachement au pays n’influence pas les prestigieux baromètres du magazine

Monocle pose un regard attendri sur la Suisse. L’influent magazine britannique a dévoilé son tout premier classement des petites villes où il fait bon vivre, baptisé «Small Cities Index». En tête de la sélection: Lausanne. La capitale vaudoise a séduit le réseau de correspondants chargés d’établir la liste des 25 lieux incontournables dans le monde.

Ces communes d’environ 200 000 habitants doivent se détacher de l’effervescence des grandes métropoles, proposer des transports en commun convenables et disposer d’une administration locale progressiste. Si les habitants sont chaleureux et qu’il est possible de trouver un bon café dès 6 heures du matin ou de se déhancher dans un club jusqu’au bout de la nuit, le couronnement est assuré. Ces critères, qui font de Lausanne la capitale cool des petites villes, répondent-ils à une attente de la population? Tyler Brûlé, fondateur et rédacteur en chef du magazine, en est convaincu. «La nature de la vie urbaine change à mesure que les villes s’agrandissent. Les gens rêvent d’une meilleure qualité de vie», répond-il au Temps.

Tropisme helvétique

Les jurés pouvaient explorer les moindres recoins de la planète pour trouver la perle rare, et c’est donc sur les bords du Léman qu’ils ont trouvé leur bonheur. Est-ce un heureux hasard? Monocle possède un bureau à Zurich, avec une boutique qui propose des accessoires, des vêtements et une sélection de cafés. La capitale économique du pays a même eu les honneurs du magazine. Elle figure en tête de son prestigieux classement sur la qualité de vie, devant Tokyo et Munich. Il encensait encore récemment un bar genevois, le Bombar, et encourageait ses lecteurs à se rendre à la Fête des Vignerons à Vevey cet été.

Tyler Brûlé, surnommé le «gourou du bon goût» par la presse, ne cache pas son amour pour la Suisse. «La première fois que je suis venu en Europe avec ma grand-mère en 1983, nous sommes allés à Zurich, Saint-Gall et Bâle. J’ai adoré», racontait-il dans un entretien accordé au Temps en 2017. Mais, il l’assure aujourd’hui, ce tropisme n’a aucunement influencé le classement fraîchement publié. «Peu importe si la ville distinguée se situe en Suisse, en Italie ou en Australie», se réjouit le journaliste canadien, en rappelant que la ville américaine Boulder, dans le Colorado, se trouve à la deuxième place.

«Des machines à clics»

La réputation des palmarès de Monocle n’est plus à faire, et ces derniers suscitent de nombreux commentaires. «Ces listes jouent un rôle intéressant pour les faiseurs d’image que nous sommes, confirme Nicolas Bideau, directeur de Présence Suisse. Les rankings sont d’une manière générale des machines à clics. Les médias et le public adorent ces baromètres populaires avec des perdants et des gagnants.» Cette distinction peut-elle renforcer l’attractivité de Lausanne? «Il est difficile à court terme de mesurer précisément l’impact sur l’économie locale. Cela produira certainement des effets sur le tourisme, mais pas seulement.» Des entreprises pourraient également trouver un avantage à installer leur siège européen dans la région. «La qualité de vie des collaborateurs fait partie des critères essentiels pour attirer des talents», appuie Nicolas Bideau.

Lausanne recense, en plus des qualités notées par les experts, d’autres atouts: une ville cosmopolite, qui détient le titre de capitale olympique et se trouve à proximité de l’aéroport de Genève. Des avantages indéniables pour le magazine qui s’adresse aux globe-trotteurs distingués.

Pour compléter votre lecture:  Quand le «New York Times» découvre Genève

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