Après le A, vient le B, puis le C… C'est le B.A.-BA de l'alphabet, et celui de la gamme Corsa.

Mais au contraire des lettres de l'alphabet, qui se suivent et ne se ressemblent pas, la petite voiture de GM Europe, dans sa troisième version, ressemble à s'y méprendre à celle qui la précède. Et c'est dommage, car en attendant ce membre très populaire de la classe des superminis, ses concurrentes ont fourbi leurs armes et seule la Fiat Punto a suivi une démarche identique. La Volkswagen Polo, la Peugeot 206 ou la Renault Clio montrent, par l'évolution de leur dessin, tout ce qui a changé dans le fond.

A l'intérieur, la Corsa «C» est devenue très spacieuse, et tout aussi claire. Le modèle essayé, «Comfort», prévoit toutes sortes d'attentions, comme les appuie-tête virgule à l'arrière, les vitres et rétroviseurs électriques, le volant réglable en hauteur, etc. La base de toute petite voiture récente, en somme.

Malheureusement, cette nouvelle voiture ne choie pas nos sens pour autant. Tous les plastiques choisis ont une apparence plutôt bas de gamme, marron dans la voiture d'essai, et comme boursouflés par la varicelle. Lorsqu'on s'y frotte, cela n'est pas très agréable, et la garniture autour de la clé de contact était, à 9000 km, déjà complètement rayée. Et même si toutes les commandes sont à leur place, l'ensemble, avec l'énorme platine radio-CD plate, n'est pas très gai. Avec le même investissement sans doute, VW a fait de sa Polo une référence en termes de qualité, alors que la Clio et la Peugeot sont particulièrement cosy.

Ensuite, le moteur 1,2l 16 soupapes, s'il est économique, est une déception: rauque, bruyant et anémique, il ne donne pas l'impression d'être un développement récent. Lorsqu'on passe d'une voiture puissante à la petite Corsa, on se demande pourquoi la vie est tellement injuste, et que l'abondance de biens n'est pas le lot de chacun.

La peinture est, elle, une surprise plutôt rafraîchissante: rose pêche du Roussillon. Les femmes vont adorer. Comme elles sauront apprécier l'excellente direction assistée électrique, la taille réduite de l'engin qui lui permet de stationner partout, un habitacle étonnamment vaste et la grande facilité de conduite.

Mais la nouvelle Corsa perpétue néanmoins les erreurs récentes de GM Europe, c'est-à-dire une frilosité évidente à innover et une attitude plutôt suiveuse. En plein milieu de la chaussée. Ce n'est pas franchement excitant, ce d'autant plus qu'Opel connaît une période où la fiabilité de différents modèles est remise en cause, et que la parade serait d'avoir un produit phare capable de balayer les idées reçues.

Mais pour l'instant, et malgré une campagne de pub qui prétend que tout a changé à l'exception du nom, on est condamné à rester avec des idées toutes faites.