Que demande le peuple? Une Volkswagen Golf. Peugeot, après avoir fabriqué des millions de 306 sous toutes les formes, succombe au diktat de Wolfsburg et à la loi du plus fort: elle s'appelle 307 et, selon le slogan bien connu d'un soda que je ne peux nommer ici, «elle a la couleur d'une Golf, et pourtant ce n'est pas une Golf.»

Comme elle est bien plus haute que l'Allemande, qui à n'en pas douter suivra l'expansion lors de sa prochaine évolution en 2003, la 307 obtient quand même une certaine originalité visuelle. De côté. Mais cet aspect s'écrase dès qu'on regarde la voiture de l'arrière, puisque seul l'énorme lion de plastique permet de la différencier de la championne de la catégorie. En d'autres termes, si le constructeur n'a pas fait ces choix au hasard, le consommateur pourrait se sentir légèrement manipulé par trop de mimétisme.

Sur la route, la 307 reprend quelques couleurs grâce à une tenue de route impeccable, mais sans la douceur de la 306 ni l'effet de pompage typique des VW depuis maintenant près de 30 ans. L'excellent train arrière autodirectionnel à barres de torsion disparaît au profit d'un essieu déformable à bras tirés et ressorts hélicoïdaux, une solution plus économique piquée à… la Golf.

Ce qui ne provient pas de l'Allemande, évidemment, ce sont les moteurs. Et la déception est d'autant plus grande, puisqu'à son habitude Peugeot lance sa 307 totalement sous-motorisée, et donc pas enthousiasmante à conduire. La nouvelle voiture pèse presque autant que le cabriolet 306, 1300 kg dans le meilleur des cas et 1384 pour la plus lourde. L'équation est effectuée en un tournemain: les 110 ch du moteur 1,6 l 16 soupapes n'arrivent à rien faire, et les 138 ch du 2 litres s'en tirent sans gloire. Avec une sonorité plutôt désagréable.

A l'usage donc, le conducteur se persuadera que la sécurité aboutie du véhicule, avec ses airbags pléthoriques, son assistance au freinage d'urgence, ses feux de détresse qui s'allument tout seuls, comme les phares d'ailleurs, forment le nerf de cette guerre-là. Mais à trop exiger de la poule, on la tue et pour trouver à la 307 d'autres qualités que la concurrence, il faut être carrément francophile ou ne rouler qu'au diesel. Car c'est là le point fort du véhicule, ses moteurs HDI aussi vifs qu'ils sont économiques. En plus, le moteur de 110 ch reçoit un filtre à particules, ce qui le rend particulièrement peu salissant.

Avec la 206, surdessinée comme une voiture de bande dessinée, on pouvait penser que Peugeot avait trouvé un style pour les dix prochaines années. La 307 inaugure peut-être celui du vide.