Une étude de 1998 portant sur les moteurs de Concorde avait conclu à l'existence de 55 «risques significatifs» inhérents à leur conception, a révélé mercredi la revue britannique New Scientist. Malgré les risques identifiés, le moteur du Concorde satisfait aux exigences de sécurité édictées par les autorités de l'aviation civile. Celles-ci n'ont jamais exigé que le réacteur subisse des améliorations. La fiabilité du moteur ne s'est pas démentie au cours des 31 ans d'exploitation du supersonique. L'appareil n'avait jamais connu d'incident majeur avant le mois dernier. Suite à l'enquête, British Airways et Rolls-Royce avaient toutefois «immédiatement pris des mesures pour travailler sur les 55 risques» identifiés, selon un document porté à la connaissance de la Confédération des Sociétés aérospatiales européennes lors d'une réunion à Cambridge l'an dernier, révèle New Scientist. Air France et British Airways, les deux compagnies exploitant l'appareil, «en sont à la moitié dans leur programme d'élimination de ces risques potentiels», dont certains qualifiés de «catastrophiques» dans leurs possibles conséquences, comme l'incendie ou la défaillance multiple du moteur, deux phénomènes observés dans l'accident du Concorde d'Air France, ajoute la revue. British Airways avait commandé l'étude car elle voulait exploiter le supersonique jusqu'en 2012. L'enquête a porté sur tous les problèmes susceptibles d'être rencontrés par le moteur ainsi que sur l'historique des défaillances constatées.

AFP