A une semaine de l'ouverture du sommet de Johannesburg consacré à l'environnement, la Société pour les peuples menacés, soutenue par le Fonds Bruno Manser, a tenu hier une conférence de presse durant laquelle trois motions ont été présentées qui seront déposées au Conseil national durant la session d'automne.

Remo Gysin, conseiller national socialiste du canton de Bâle-Ville, veut que la Suisse impose d'ici deux à trois ans une «déclaration obligatoire générale pour le bois et les produits en bois». A l'image de ce qu'il se passe avec le poulet, cette mesure permettrait au consommateur de savoir d'où vient le bois qu'il achète. «Cet effort de transparence va dans l'intérêt des peuples menacés par les coupes abusives, tout comme dans celui de l'industrie», a dit Remo Gysin qui souligne que Manoel Sobral, directeur de l'Organisation internationale du bois tropical (OIBT), que la Suisse préside cette année, est favorable au principe de déclaration d'origine.

La conseillère nationale verte de Bâle-Campagne Maya Graf, elle, veut œuvrer contre les coupes illégales et pour la promotion de la certification des bois et produits de bois. Elle demande que le Conseil fédéral édicte des «directives contraignantes» visant à interdire le commerce de bois venant de coupes illégales. Elle insiste de plus pour que la Suisse fasse une promotion internationale plus active du label Forest Stewardship Council (FSC), garantie de standards sociaux élevés et de développement durable dans l'exploitation des forêts. Selon elle, l'OIBT, organisation dans laquelle la Suisse a une certaine influence, doit avoir comme but d'imposer le FSC comme label international.

«On déclare un produit alors que l'on certifie une action», a précisé Jurgen Blaser pour distinguer les motions. Le président de l'OIBT a bien accueilli ces initiatives. La déclaration de provenance est une idée qui a une chance de s'imposer au niveau international, selon lui.

La dernière motion, qui sera déposée cet automne par le Genevois Jacques-Simon Eggly, demande une meilleure prise en compte des peuples vivant dans les forêts tropicales et la réalisation de projets qui leur sont directement destinés. Pour ce faire, il demande une augmentation du budget alloué à la coopération.