2020 nous laisse exsangues, sans voix, mais avec plein de mots ou usages nouveaux. Au tournant de l'an, retour sur ces outils qui servent à décrire un monde qui a tellement changé.

Les maux de ces derniers mois

«On fait un zoom sur meet?» «Je t’ai mise en mute, ton micro faisait du bruit.» Qui nous aurait dit il y a un an que nous deviendrions tous experts en visioconférences, en plus d’un franglais de bureau épouvantable? Et qu’importe si, techniquement, la compagnie Zoom n’a bien sûr rien à voir avec l’application de Google: zoom est devenu un quasi-générique, comme kleenex ou Securitas, car les «visios» vont rester, tant le covid va «impacter» durablement nos vies. Tant pis pour la «zoom fatigue»…

Tout l’environnement du remote et du télétravail a donné lieu à quantité de nouveaux usages et mots en 2020. Les anglophones ont inventé l’abréviation WFH à la fin de leurs courriels, pour «working from home». En francophonie, on peut sans risque parier que resteront «présentiel» et «distanciel», rares nouveaux venus à la sonorité classique, même s’ils font souvent hurler (ils sont assez moches). «Essentiel» a connu une nouvelle jeunesse – comme dans «travailleurs essentiels», et «commerces essentiels», par opposition avec ceux pour lesquels il y a débat. «Exponentiel» a aussi eu son petit succès, hélas. Les étudiants ont découvert les systèmes «bimodaux», ou hyflex – hybride et flexible, qui leur laissent la possibilité de choisir comment suivre leurs cours, sur un «campus virtuel».