2020 nous laisse exsangues, sans voix, mais avec plein de mots ou usages nouveaux. Au tournant de l'an, retour sur ces outils qui servent à décrire un monde qui a tellement changé. Voici le 1er épisode.

On a toujours besoin de la Belgique. Quand la terre entière choisit des «mots de l’année» dérivés du corona, le dictionnaire Van Dale nous apprend que les Belges élisent le câlin. Enfin le knuffelcontact plutôt, le contact-câlin, la personne avec qui on a le droit d’avoir des gestes intimes, en temps de corona, en plus de nos éventuels cohabitants. Une personne qu’on peut officiellement toucher, embrasser, étreindre – en oubliant la «distanciation» physique. 

Les mots en disent tant. Le knuffelcontact est le mot des Belges néerlandophones – qu’un monde sépare des Néerlandais: eux ont élu anderhalvemetersamenleving – soit «la société à un mètre et demi de distance», mot-valise bien expressif et sans câlins. Les Suédois s’en tiennent au mys – cette ambiance grosses chaussettes de laine devant la cheminée avec un chocolat fumant entre les mains, plaisir qui n’a pas disparu avec la pandémie.