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La chanteuse Ariana Grande, sacrée artiste de l’année aux American Music Awards le 20 novembre dernier. A 23 ans, elle est l’une des ambassadrices de Musical.ly auprès de la génération des «milléniaux».
© Michael Tran/FilmMagic

Réseaux

Quand Musical.ly fait de toi une star

Avec l'application de vidéos musicales, les adolescents se filment en play-back sur leurs tubes préférés. Chorégraphies et mimiques incluses

Enfermé dans sa chambre, votre adolescent fredonne du Justin Bieber à tue-tête et refuse d’ouvrir lorsque vous frappez à la porte? Il est peut-être en train de lancer sa carrière de chanteur. Grâce à l’application mobile Musical.ly, les jeunes internautes se transforment en stars du rap ou de la pop. Comment font-ils? Caméra vidéo enclenchée en mode selfie, ils se glissent dans la peau de leur idole en chantant en play-back sur leurs tubes préférés. Une sorte de version améliorée de Dubsmash. A mi-chemin entre chant et théâtre, les prestations de 15 secondes sont ensuite partagées en boucle sur les réseaux sociaux.

L’atout de Musical.ly? Avoir su séduire des célébrités, comme Ariana Grande, Selena Gomez ou encore Jason Derulo, ces idoles des ados qui deviennent des ambassadeurs. Forte de 130 millions d’utilisateurs, la jeune start-up chinoise lancée en octobre 2014 s’est imposée auprès de la génération des «milléniaux». Sa technique du «lip sync» (synchroniser les paroles d’une chanson avec les lèvres sur une vidéo selfie) a supplanté «l’antique» «lip dub» (l’équivalent sans selfie et en groupe). L’application laisse libre cours à l’interprétation, fidèle ou parodique, avec toute une série d’effets disponibles pour personnaliser la vidéo: filtre, ralenti, accélération, laps de temps, inversement etc. Un peu comme sur Snapchat.

Entre karaoké et réseau social

Outre les chanteurs confirmés qui s’en amusent, l’application mobile a servi de tremplin à de parfaits inconnus: Jacob Sartorius en tête. A 14 ans, celui qu’on surnomme le «nouveau Justin Bieber» n’a jamais chanté une note sur scène, mais a conquis ses 11 millions de fans en se donnant en spectacle depuis sa salle de bains. Après avoir démarré sur Vine, il a fidélisé son public sur Musical.ly.

Les YouTubeurs Sulivan Gwed et Baby Ariel (15 ans et 15 millions d’abonnés) s’y sont aussi mis. Autres figures phares de la start-up valorisée à 500 millions de dollars: les jumelles allemandes Lisa et Lena, âgées de 15 ans, qui cumulent 5 millions de fans depuis Stuttgart, ou encore la Canadienne Kristen Hancher.

Comme Instagram avec les «foodistas» ou encore Snapchat qui a conquis les marques, l’enjeu pour Musical.ly, est de créer une communauté. En l’occurrence les «musers», ces jeunes désireux de pousser la chansonnette. Un classement des meilleures vidéos est ainsi établi sur l’application qui entend offrir un espace pour «s’exprimer et montrer sa créativité à travers des vidéos». Ceux qui choisissent de se concentrer uniquement sur la chorégraphie optent pour le «tutting challenge». Avec la petite sœur de Musical.ly baptisée Live.ly, le cofondateur Alex Zhu est passé à la vitesse supérieure: développer une messagerie vidéo. «Aujourd’hui, le «lip sync» n’est plus l’essentiel. D’autres contenus émergent. Musical.ly se transforme en réseau social», confie-t-il au site 20minutes.fr. 

Exposition de soi

Si les ados adorent gesticuler en rythme, quelles conséquences cette mode virale peut-elle avoir sur leur bien-être ou leur développement? «Comme toute interaction sur les réseaux sociaux, poster des vidéos de soi signifie aussi s’exposer à des réactions qu’on ne maîtrise pas», avertit Roland Capel, professeur de psychologie à l’Université de Lausanne. Il précise que les effets varient selon les adolescents. «Certains vont se sentir augmentés dans leur estime, d’autres au contraire ne supporteront pas la critique, d’autres encore ne se livreront toute simplement pas à ces mises en scène parce que cela ne les intéresse pas.»

Lire aussi:  Enfants exposés sur les réseaux sociaux: «Je t’aime, je te cache»

Du côté de l’association Action Innocence, le message de prévention diffusé est le même que pour toutes les autres applications smartphone. «Il s’agit pour les parents de connaître les modalités de Musical.ly afin d’accompagner au mieux leurs enfants», explique la directrice générale Tiziana Bellucci. Il y a vingt ans, on imitait son chanteur favori devant la télévision, aujourd’hui, on danse devant une caméra, n’est-ce pas finalement la même chose? «Non, estime-t-elle. Avec Internet, les barrières sont abolies. Partagés, commentés, les contenus vidéo sont diffusés à large échelle. Sortis de leur contexte, ils peuvent être mal interprétés, sources de disputes ou de moqueries.»

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