Une semaine suisse

En vue du premier août, nous proposons une série d’articles sur les trésors, les contradictions, les multiples facettes culturelles et sociales du pays. Ceci est le premier article.

Se laisser porter par le courant sur plusieurs centaines de mètres. Remonter la rive à pied, en maillot de bain, puis recommencer, en sautant d'un pont ou en empruntant une échelle de fortune. Cette étrange pratique de la baignade en eau vive fascine les étrangers de passage dans les villes suisses.

De Zurich à Genève, de Berne à Bâle en passant par Thoune, elle convertit depuis des années des milliers d'adeptes, avec ou sans appoint pneumatique. Cet été 2020 semble battre tous les records d'affluence vers l'eau des fleuves et des rivières, restrictions d'accès aux piscines obligent. Mais ni la pandémie, ni la gratuité, ni même le besoin de se rafraîchir n'expliquent à eux seuls cet hédonisme rassembleur, à la fois multiculturel et typiquement suisse. Et, pour une fois en matière de mythes helvétiques, celui-ci est avant tout urbain.